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Unies oV défiance, 1rs indignes prétend i renl ignorer ce qu'il voulait dire, et refusèrent même de lui vendre du riz. Notre géologue ne d* k ouvrit que
des veines de quart* traversant des schistes el ennteuani des cristauv. d
grande limpidité, qui jadis avaient pu èlre employés par les habitant* connue objets de parure et d'ornementation.
Mou ho t avait laissé à Luang l'rabang les meilleur* souvenirs. Croyant sans doute que nos travaux étaient de même nature que les sien*, les indigènes nous apportaient souvent des insectes, en échange desquels le malheureux naturaliste donnait toujours quelques aiguilles ou d'autres objets européens de peu de valeur. Malheureusement ,. il n'y avait pas d'entomologiste parmi nous, et nous l'avons souvent regretté eu admirant les nu i ruses particularité* et les brillantes couleurs îles insectes et des papillons de cette région et de relies que nous visitâmes ensuite. Notre étonnement fut grand de retrouver le ehien de lin fort une naturaliste encore vivant, et adopté par une famille laotienne qui eu avait le plus grand soin. Les lecteurs du Tour tiu \fnntlt*. se rappellent sans doute le petit Tt>:f*-Tim\ dont la réputation précéda it Mou lin t, et auquel son maître prédisait une triste fin : être loule aux pieds par un éléphant, ou dévoré par un tigre. U uYu a\,ni rien été, et le chien avait survécu au mailre. L'ingrat s était tellement familiarisé avec ses nouveau v propriétaires, qu'il nous montra les dents lorsqu'un nous rapporta. Si\ ans avaient suffi pour effacer de sa mémoire tout souvenir de la race à laquelle appartenait son premier possesseur*
Nous avion* un pîcuv devoir a remplir à l'égard du Français qui le premier avait pénétré dans cette partie du Laos en y faisant aimer mer le nom de sou pays. 11 avait été enseveli sur les bords du Nam Kau, près de Ban Naphao, village situé à 8 kilomètres environ à l'est de la ville, et le commandant de La grée résolut de consacrer par un petit monument la mémoire de cet homme de bien. Le roi, à qui ce projet fut soumis, se hâta d'entrer dans les vues du chef de la mission française : le culte pour les morts, si fidèlement pratiqué en Indo-Chine, justifiait trop hautement notre demande pour qu'elle* ne fût pas accueillie avec empressement et déférence. Sa Majesté voulut fournir les matériaux nécessaires à l'érection du monument, et M. Delaporle, qui, de concert avec M. de Lagrée, en avait arrêté le dessin, se transporta sur les lieux pour en diriger la construction. Le 10 mai, le travail de maçonnerie était terminé, et la Commission tout entière se rendit à Ban Naphao pour assister à l'inauguration du modeste tombeau. Une plaque de grès, polie avec soin, fut encastrée dans l'une des faces : elle porte celte simple inscription : « 11. Mouhot. — Mai 1867. » Le paysage qui encadre le mausolée est gracieux et triste à la fois : quelques arbres
LA COMMISSION ÉLÈVE UN MONUMENT A MOUHOT. :i07
au feuillage sombre l'abri le ni, et le bruissement de leurs cimes se mêle au -rondement des eaux du ÎSaiii Kau qui coule à leurs pieds. lin lace sVIeve un mur de roches noirâtres qui forme l'autre rive du torrent : nulle habitation, nulle trace humaine au\ alentours de la dernière demeure de ce F murais a\enlureu\, <|ui a préféré Fnjritalion des wna^es el Fêlude directe
Tuiuiitiau Je MouhuU — hossin iU+ M. Deiaporto, d'ftprfel iwiniv.
de la nature, au calme du foyer et à la science des livres l. Seule parfois une pirogue letrére passera devant ce lieu de repos, et le batelier laotien regardera avec respect, peut-être avec effroi, ce souvenir à la fais triste et toucha ni du passage d'étrangers dans son pays*
Nous nous /«lions rendus au lieu de la sépulture en suivant à pied les
|, Vov t*r Part» au nt>t't, p. Jrtlîrl |H7*
bords du Nam Kan; nous revînmes en barque à la fin du jour, en nous laissant aller au fil du courant. A chaque détour de la rivière, nous découvrions, sous les aspects les plus divers, le panorama animé de Luang Prabang, apparaissant et disparaissant tour à tour derrière le rideau mobile des arbres de la rive ; de nombreux pécheurs tendaient leurs filets au milieu des rochers et jusque dans les rapides que nos légères pirogues franchissaient comme des flèches; des troupes de baigneurs et de baigneuses folâtraient près des bancs de sable qui parfois élargissaient le lit de la rivière. Autour de nous, le soleil couchant faisait étinceler les eaux de mille reflets de pourpre et d'or. Tout dans ce paysage, sans cesse renouvelé par la rapidité de notre locomotion, respirait une tranquillité et un bonheur apparents qui invitaient à l'oubli du monde bruyant et agité dont le souvenir bouillonnait encore en nous. Quel contraste entre ce calme tableau du Laos tropical et cette Europe, dont le nom môme était inconnu à ceux qui nous entouraient? Devions-nous les plaindre ou les féliciter de leur ignorance et de leur sauvagerie? Plus encore que la distance, ces différences entre la civilisation pour la cause de laquelle nous nous étions exilés, et la civilisation dont nous étions devenus les hôtes, nous semblaient creuser entre nous et notre patrie un abîme chaque jour plus grand.
Cependantle commandant de Lagrée poursuivait patiemment son œuvre de conciliation avec les autorités locales. Le Muong Sen et le Muong Khang étaient assez mal disposés à notre égard ; mais un cousin du roi, homme actif et influent, s'était nettement prononcé en notre faveur et avait mis dans notre parti presque tous 1rs membres de la famille royale. AI. de Lagrée était allé visiter la mère du roi, presque centenaire; elle parut très satisfaite des attentions et des cadeaux du commandant français. Parmi ces présents se trouvait une paire de lunettes, avec monture en écaille, dont elle n'avait certes pas besoin pour se donner l'air vénérable. Grâce à cette visite, à la bonne conduite des Annamites de notre escorte, à la bienveillance et à la patience de tous les officiers à l'égard de la population, les défiances disparurent peu à peu, et il devint possible d'obtenir des renseignements sur l'état dej contrées voisines. Le roi donna bientôt à AL de Lagrée une preuve non équivoque de bon vouloir, en lui faisant remettre un passeport valable pour toute l'étendue du territoire, et par lequel il enjoignait à tous les chefs reconnaissant son autorité de se mettre à l'entière disposition du président de la Commission française1 dès que celui-ci réclamerait leurs services.
1. Franns (îamier emploie rarement (vite appellation pour désigner M. de La^ive. Voir ce «pie nous nvmi« dit à ce sujet dans V Introduction placée en tète de ret ouvrai;»'.
DISCUSSION SUK LES HOUTES A SUIVRE. 309
La situation des pays limitrophes était tic nature à faire hésiter sur le choix de la roule qu'il convenait d'adopter en quittant Luang Prabang. La révolte des mahométans du Yun-nan contre l'autorité de l'empereur de Chine troll élé le StgUol de désordres et de guerres sans lin dans les différentes principautés laotiennes comprises entre la Chine, la Birmanie et le territoire siamois. Le brigandage \ ëtail passé à l'état chronique, et certaines parties de cet immense espace avaient été entièrement dépeuplées. Le roi de Luang I1 ruban g avait profilé de cet «Hat de choses pour interrompre complètement ses relations avec la Chine, à laquelle il avait cessé, depuis dix ans environ, d'envoyer le tribut habituel. On pouvait donc craindre ijtl'iûtéressé à ce que cette roule restai fermée, il n'en voulut exagérer les difficultés ii dessein, alîn que notre passage ne fournil point un argument contre lui au gouvernement chinois1.
Trois routes s'offraient À nous pour franchir la zone réputée dangereuse. La première, celle du fleuve, d'après les renseignements que nous avait fournis M. Duysbart et parle nouveau détour qu'elle nous obligerait à faire, était la plus longue : elle nous faisait traverser des territoires que récemment encore sciaient disputés la Birmanie et Siam et qui par conséquent étaient dévastés, et passer dans dus Etats soumis au premier de ces deux royaumes. Or uous n'avions pas de passeports de la cour d'Ava; nous devions donc prévoir de ce côté les difficultés les plus sérieuses,
I seconde roule était la plus directe, celle qui nous permettait de profiler le plus longtemps du bon vouloir du rui de Luang Prahang: elle consistait à remonter droit .m nord le cours du Nam flou, affluent de la rive gauche du Cambodge, et à atteindre directement les frontières du Yun-nan, duquel, dans cette direction, Luang Prabang est à peu près limitrophe et ou nous pouvions retrouver le fleuve que nous étions charges d'explorer.
La troisième route nous conduisait jusqu'au Kouang Si, eu lia versant la zone occupée par des tribus mixtes et qui sépare le Tongking de la Chiite,
Dans celle direction, cl principalement sur les frontières de Test, le roi de Luang Prabang avait déjà commencé la lutte contre les Annamites, et les Siamois lui avaient fourni quelques troupes pour la soutenir. De sanglantes escarmouches avaient eu lieu sans résultats définitifs; mais
1. On voit COBlfetefl OUI [m1 m fnud**e In supposition ^rat ni tentent émise par M< de Carné {Voyage en Indo-Chine et dûM l'empire rhinois, p. 234») qui prétend qut? \e. roi de Luumi ! Vahiné .nul rerti dej inMnetein- ■ 1 la r mu ()■■ Ghim' p"Nr n.nis kirn r I»1 pa^sa^r. M. r|e Carné était <r.iill*<urs ptu au rutjranl di pourparh i s rntfaçés r titre M. île Lay;rée et \v* ;mU*v\U>* Ivraies.
[\'o(e (te V auteur.)
Voy. notes, p. 87, 174, 255» 297, 309, 310, 380, *tr.
VOYAGE D*BX PLGH ATION ICN INDO-CHINE, il est probable que les Annamites uTobliend«nïl plus aucun acte de vassciage du prince de Luaug Prahang.
(le dernier trajet, peut-être moins dangereux gnôles deux autres, nous écartait complètement dû tint officiel de notre mission, qui élaH la reconnaissance de In vallée du Mékong, unis il nous faisait visiter la région la moins connue de toulc l'Indu-Chine. et vraisemblablement lo plus eu rieuse au point de vue géographique. Quel que fut son attrait, nous do ions nous contenter de l'indiquer aux explorateurs qui viendraient plus tard compléter notre œuvre l.
La discussion restait ou ver le sur les deux premières mules, celle d<i Heine rl celle du Vim lEnu. Le eooi to;i mlanl fli1 Lancée penchait vinblrnient pour la seconde, Je plaidai vivement auprès de lui la cause de la première; notre travail géographique m'aurait paru moins intéressant et moins
complet s'il n'avait compris le relevé entier du cours du fleuve, que i -
espérions, encore ;ï e-r moment, remonter jusque dans sa partie li hélai ne4. Avant de prendre mie décision définitive, M. de Lagréc voulut s'entourer de nouveaux renseignements. Heureusement huang Praban^ était fréquente par un grand nom tire de voyageurs el de marchands appartenant a toutes les nationalités du nord de l'Iado-Chine, et il était facile de les attirer au campement, où 1 aflluence des visiteurs devenait chaque jour plus considérable-
La ^lace élait tout à fait rompue avec le monde ofliciel lui-même : nos travaux n'excitaient plus ni défiances, ni susceptibilités* Où nous noyait |ia>sés maîtres en toutes les sciences, et le roi nous envoya un vieux COUCOU qui ne marchait plus, en nous priant de le raccommoder, besogne dont le doeleur Jouheit s'acquitta à merveille. Aussi M- Oelaporte put-il lever le plan de la ville et mesurer au cordeau ses principales rues sans inspirer la moindre inquiétude. Les princesses de la famille royale et les femmes des premiers mandarins ne dédaignaient pas de venir chaque jour s'asseoir sur le plancher en bambou de notre case, pour nous regarder travailler, ou pour essayer d'obtenir quelques-uns des objets de pacotille dont nous étions munis. Les plus recherchés de ces cadeaux étaient les parfums et les savons de toilette; pour ne pas faire de jaloux et satisfaire à toutes les demandes, nous en étions arrivés à débiter nos savons en tranches imperceptibles. Les belles Laotiennes y attachaient d'autant plus de prix, qu'elles étaient convaincues que l'emploi de cet ingrédient était tout le secret de notre teint. En voyant la mousse blanche qui leur couvrait les mains quand
1. Voy. notes p. 55, 56, 2G9 et p. 313, 322, 382, 389 et les notes.