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elles se taraient, rites s \al (codaient, dans un avenir procha i n , et si le savon ne leur faisait point défaut, à perdre l;i belle nuance cuivrée (pli caractérise leur race. Mous nous prélions volontiers à entretenir ces illusions, el notre complaisance Bl moins souvent défaut à nos jeunes visiteuses ipie nos objets dcchan-e. Leur ingénuité, la familiarité de leurs relations
Lin tnri i au i >l il. Jjuug l'rabaug. - Dessin <lo M. Ddaporb1, il apivs nnture.
avaient quelque chose de si cou fia ni et de si intime, que parfois nous ne laissions pas d'en être embarrassés.
La plus assidue d'entre elles était un»' mm- ,lu mi. hrlle fille d une vingtaine d'années, à laquelle sa situation sociale et la conscience de ses charmes inspiraient une hardiesse el une conliance ([ni ne parvenaient jamais a nous déplaire. Kl le agissait chez nouscomme chez elle, nous apportait presque tous les jours des fruits et des (leurs et prenait un air d'importance
comique quand elle nous présentait, en nous les recommandant, quelquesunes de ses compagnes. L'un de nous lui demanda un jour, en riant, si des visites aussi fréquentes faites par des jeunes filles à des étrangers n'éveillaient point les soupçons de leurs fiancés. Un grand éclat de rire répondit au questionneur, et le déconcerta visiblement. « A votre âge, dit la naïve indigène, quel danger peut-il y avoir? Vous êtes trop respectables pour porter ombrage à l'amoureux le plus jaloux. » On nous prenait, hélas! pour des vieillards décrépits, et ce ne fut pas sans un certain dépit que nous fîmes cette découverte. La longueur de notre barbe, ornement qui ne pousse que tard chez les sujets de race mongole, servait de base au calcul de notre âge, et, comme elle n'avait pas été rasée depuis plus d'un an, nous passions pour octogénaires aux yeux des indigènes1. Cette erreur ne doit point étonner si l'on songe à la difficulté qu'éprouve à son tour un Européen quand il prétend estimer l'âge d'un individu appartenant à une race autre que la sienne; et encore a-t-il pour se guider des points de comparaison qui manquent à ces peuples primitifs vivant sans communications suivies avec le reste du monde.
Le marche, qui se tenait deux fois par jour dans les rues, était à la fois pour nous une distraction et une occasion d'étude. La monnaie avec laquelle se faisaient les transactions de détail consistait en chapelets de ces petites coquilles jadis employées au même usage dans les îles de la Sonde, à Ban Kok, dans l'Inde et jusque sur les côtes de l'Afrique et dans le Soudan, et qui en ont disparu depuis près d'un siècle. Ce sont de petites porcelaines blanches (cyprra moneta) que Ton perce par le milieu, afin de pouvoir les enfiler et en former des chapelets. Les géographes arabes mentionnent, dès le dixième siècle, l'emploi de ces coquilles, connues dans les anciennes relations sous le nom de cattris. « La reine des îles Dabihat, situées dans la mer de llcrkcnd (Laquedivcs), dit Massoudi 2, n'a pas d'autre monnaie que lescauris. Lorsqu'elle voit son trésor diminuer, elle ordonne aux insulaires de couper des rameaux de cocotier avec leurs feuilles et de les jeter sur la surface de l'eau. Les animaux y montent ; on les ramasse et on les étend sur le sable du rivage, où le soleil les consume et ne laisse que les coquilles vides, que Ton porte au trésor. » Il faut sans doute attribuer à leur emploi une bien plus haute antiquité, puisqu'on trouve ce genre de monnaie déjà indiqué comme en usage dans l'Inde par le voyageur chinois Fa-hien, qui visita cette contrée à la fin du quatrième siècle 3. Ibn