‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 72 sur 197 · ÉNEKGIK DES ANNA MIT IÎS DE I/ESCORTE · texte numérisé non relu

ÉNEKGIK DES ANNA MIT IÎS DE I/ESCORTE

Annamites on se marie de très bonne heure : le célibat passe pour un état contre nature. Ma connaissance de In langue annamite 1 et les relaiions antérieures que j'avais eues avec quelques-uns de ces jeunes gens, donl deux étaient employés comme miliciens ;» la préfecture de Cholen avant le voyage, me faisaient le confident naturel de leurs inquiétudes. « Onfj Quan (Monsieur le chef), m'avaienl-ils dit souvent, lorsque je les amenais avec moi sur le fleuve faire des sondages, ne sommes-nous pas allés assez loin encore et n'avez-vous point déjà sur votre carte assez de rochers, assez de cataractes, assez de détours? JusqnVm irons-nous donc ainsi ? » — <« Nous voulons savoir, leur répondais-je, d'où vient ce fleuve, et c'est lui qui nous mené, Oii? Nous n'en savons pas plus que vous. Mais nous irons» si nous le pouvons, jusqu'à ses sources, » — Ils soupi l'aient alors en regardant l'eau large et profonde. « C'est bien loin cela, disaientils, et ce grand fleuve n'est pas près de finir. » — « Qu'en savez-vous? leur répondais-je pour les encourager. Il sort peut-être tout formé d'un grand lacT et, dans ce cas, demain vous pouvez en voir la fin. » Celle porte ouverte à l'espérance suffisait pour ranimer leurs courages et ramener la gaieté naturelle à leur race. Je les surprenais demandant aux indigènes des nouvelles du lac qui donnait naissance au Mékong, et on leur répondait souvent de façon à confirmer leur secret espoir. Les habitants de Tlndo- Chine ont conservé la vague tradition de leur ancien lieu d'origine, ce [ilal eau de l'Asie centrale, couvert de lacs immenses qui déchargent leurs eaux au dehors par de grandes rivières, et ils attribuent volontiers une origine lacustre aux fleuves dont ils habitent les rives. C'est d après leurs dires que les anciens géographes ont cru longtemps à l'existence d'un grand lac d'où seraient sortis à la fois le Ménam et le Mékong, Le lac de Ta-ly, qui se déverse par un bras considérable dans ce dernier fleuve, justifie jusqu'à uq certain point cette tradition a.

Je m'apercevais que les Annamites avaient recueilli un bruit de celle nature à leur figure rayonnante et à leur entrain dans l'exécution de tous les travaux qu'on leur demandait. Je m'en félicitais vivement. Tout pouvait dépendre, à certain moment, de la fermeté de leur altitude. Ce fut donc avec une véritable satisfaction que je les vis s'apprêter au départ avec

1. Cette affirmation est utile à relever et répond en partie à certaines appréciations qui se sont produites depuis la mort de lauh tir. Dans l'ouvrage posthume qui a pour titre: De Paris ou Tibet* nous avons signal»'1 d'autres indications de ee #enre, rotatives a l'étude ou à la connaissance des langues et dialectes de l'extrême Orient par Francis Garnier*

2, On verra dans la suite de la narration que Francis Garnîer, à lu tète d'une partie de la Commission, et malgré les dangers que la rébellion inahotnétaue faisait courir aux explorateurs, pénétn jusqu'à Tn-ly fou, capitale des révoltés, et reconnut la lac sur les bords duquel est -Huée celte Importante ville.

gaîelé, et ne pas s'émouvoir des prédictions d'attaque à main armée que ne nous ménageaient pas les Laotiens* La valeur éprouvée de leurs armes européennes, le peu île cas qu'ils faisaient des sabres, des (lèches ou des fusils | pierre des indigènes, el, par-dessus tout, l'extrême confiance que leur inspirait notre présence, en Taisaient de précieux auxiliaires. Notre élal de santé, à ce moment, ne laissait rien à désirer. Seules nos ressources pécuniaires, considérablement réduites par un séjour d'une année entière dans le Laos, étaient insuffisantes [mur le trajet que nous avions encore à accomplir l.

L Voir nol*\ p. 3?0.

Uinr <lu Elntiddlia ilans une grolte-fuinctuairt». — Dessin Oc E. Tlierond.

Tut Phou Kit'o. — Dessin <Ji* Th. Wobi.T, d après nu croquis de M. IMuporte.

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