‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 81 sur 197 · I. Voy. Dot*1, p · texte numérisé non relu

I. Voy. Dot*1, p

que m'avaient fait ses habitants. Mais heureusement, notre nombre — nous étions trois ou quatre, — et nos conversations — nous discutions avec énergie — leur donnèrent l'éveil. D'ailleurs nous nous mîmes en route trop tard pour les surprendre au cours de leur toilette matinale. Cette nouvelle excursion ne fut donc pas une partie de chasse, mais une simple promenade, qu'une pluie torrentielle abrégea de moitié.

Le soir du même jour, douze bœufs porteurs arrivèrent au sala; ils étaient mis à notre disposition par le gouverneur de Muong Lim. Les chemins affreusement défoncés par la pluie, et la côte extrêmement rapide qu'il fallait gravir en quittant le campement ne permettaient pas de leur donner une charge normale; cependant, malgré nos réductions de bagages, nos instruments et nos objets d'échange formaient encore le chargement d'une vingtaine de bœufs. C'était là le chiffre qui avait été demandé. Les huit bétes de somme qui manquaient ne pouvaient, nous dit-on, arriver que le lendemain soir. M. de Lagrée se résolut à partir au point du jour avec tous les autres membres de la Commission. Nous congédiâmes définitivement les barques de Xieng Khong, qui attendaient depuis trois jours l'issue des négociations avec Muong Lim. Je dus rester au sala avec deux Annamites pour garder le reste de nos bagages jusqu a l'arrivée des huit bœufs porteurs complémentaires.

J'attendis quarante-huit heures, pendant lesquelles les pluies continuèrent avec une telle violence que les eaux du fleuve s'élevèrent de plus de 3 mètres et vinrent baigner le pied même des colonnes qui supportaient le sala. J'appris alors que la plupart des bœufs s'étaient abattus pendant le court

voyage de la Commission et que leurs fardeaux avaient du être répartis entre des porteurs. On avait mis cinq heures à franchir les 14 kilomètres qui séparent le sala de Muong Lim. C'était un présage des difficultés que nous allions avoir à vaincre en continuant notre voyage par terre pendant la saison des pluies. On m'envoya vingt hommes au lieu des huit bœufs que j'attendais; je partageai entre eux le reste des bagages, et le 23 juin je rejoignis avec eux la Commission.

Après avoir franchi les deux ou trois petites chaînes de collines qui bordent le fleuve, et entre lesquelles coulent des ruisseaux dont le lit sert de route pendant la plus grande partie du trajet, on arrive dans une grande plaine qu'arrose le Nam Lim et où s'élève le Muong de ce nom. Le Nam Lim est une rivière considérable, que nous dûmes traverser en barque, et qui parait venir d'un lac situé près de la ligne de partage des eaux du Cambodge et de la Salouen.

Le campement de la Commission était situé à l'une des extrémités du

Départ pour Munng Um. — Chemin *tcux. — Duasiu do M* I)elaporU\ d'après nalun\

AHRIVÉE A MUONG LIM. 351

village. C'était un long abri reposant directement sur le sol et à l'intérieur duquel on avait établi des lits de camp. La conslruetion des cases sur des pilotis qui en élèvent le plancher au-dessus du sol était ici moins usitée que tlans les provinces que nous venions de quitter. A mon arrivée, il y avait déjà une grande affluence autour de notre demeure cl j'eus quelque peine ix y pénétrer.

Bnn Hat* a.

— Dessin île Th. WVl^r, d'après un (.'mijTiis df M, DelnporU'.

IlécepUon d'un malade dans un village lantînn. — Dessin de E, Bayant» d'après un CltKJUlfl

dtj Al. Lkdapurli*.

Page 1