‹ Voyage d'Iberville [microforme]Chapitre 2 sur 4 · HO · texte numérisé non relu

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Le jeudi 26. M. de la Villantray, de Sourdys, enseigne avec deux pilotes partirent dans les deux falouques pour aller reconnattre la rivière ci-dessus qui est à l'Est de nos navires, ils ont été à la grande terre trouver M. d’Iberville pour prendre ses ordres ; cette rivière est dix lieues à l’est nord-est de l'Isle où nous sommes mouillés, on trouve au nord d’est d'ici une Isle qui s'étend sud-est et Nord-Ouest une lieue au dedans de laquelle il y a 3 brasses d’eau et les navires peuvent y être à l'abri de tout vent, qui est dans la route de cette rivière, on y neut faire de l’eau et du bois, et ne peut être eloigné de la grande terre que de deux lieues, et de là à cette rivière il y a presque pas d’eau, ehe a environ une grande lieue d'embouchure, elle se décharge,à la mer par quatre branches qui sont fermées par deux Islets qu’elle a à son embouchure. M. d'Iberville revint de la terre où il était resté avec la biscayenne pour tâcher de trouver quelques sauvages afin de pouvoir avoir quelque connaissance de la rivière Mississipi, ceux qui lui avaient promis de le régaler dans quatre jours l'ayant manqué de parole, soit à cause du mauvais temps qu'il fit pendant cette intervalle, ou peutêtre que teur chasse ne fut pas bonne.

Le vendredi 27. M d'Iberville, son frère, et 20 hommes s’embarquèrent dans la biscayenne, M. de Sauval, lieutenant du Marin avec le père Anastase, récollet, Eateau pilote et 20 hommes s’embarquèrent dans l’autre biscayenne qui faisait en tout 51, tant Canadiens que flibustiers que pris à la côte St. Dominique, qui devaient rester là en cas que nous eussions trouvé un terrain propre pour un établissement, nous avions pour 20 jours de vivres, et nous étions tous armés de fusils, de pistolets, sabres et bayonettes, épées, et deux pierriers dans chaque biscayenne pour nous défendre des insultes des sauvages au cas qu’ils se fussent opposés à notre découverte.

Le même jour, sur les 9 heures du matin, nous mimes à la voile avec un canot d’écorce, chacun à la remorque d’un vent de sud-est assez fort, ne Sue nous fimes le sud-ouest quart d'ouest pendant une harbage, ensuite nous vinmes au plus près, les vents se hätant au sud sud-estet pour passer au large d’une Ile qui est deux lieues à l’ouest de notre Ile où nous sommes mouillés, au sud de cette Ile, nous trouvâmes un haut fond, où la mer roulait beaucoup, continuant notre route au sud-ouest et au sud-ouest quart de sud nous trouvâmes quatre petits Islets qui ne sont que des sables fort

près les uns des autres qui s'étendent au nord et sud ; nous trainâmes plus d’un quart de lieu n’y ayant que deux pieds d’eau, la mer était fort belle, quoiqu'il venta beaucoup étant à l'abri ües autres islets qui sont au large les vents sautèrent tout d’un coup au nordest, nous gouvernâmes au sud près d'un islet, nous donnâmes plusieurs accoulées n’y ayant que deux pieds d'eau et demi ayant fait depuis cet islet deux lieues au sud-est, nous découvrimes un autre enfoncement, et la terre qui courait à l’est sud-est qui est formé par plusieurs islets que la mer couvre des mauvais temps. Ensuite nous fimes trois lieues depuis le sud-ouest quart d'ouest jusqu'au sud sud-ouest pour nous parer d'une quantité d'islets que nous trouvions dans notre route, sur les cinq heures et demi nous mimes à terre à la pointe d’une ile qui s'étend au nord et sud où nous cabanâmes sans trouver d'eau douce.

Le samedi, ?8, sur les six heures du matin nous nous embarquâmes d’un temps de brume que l’on ne voyait presque pas qui se dissipa quelque temps après, nous fimes plusieurs routes entre le sud et l’ouest pour nous parer d’une quantité d’islets que nous trouvions jusqu'à un enfoncement que formait une grande isle noyée où nous voulions avoir passage, nous y mimes pied à terre, nous y trouvâmes des quantités d’huitres qui ne sont pas si bonnes qu’en Europe, l'eau étant sommate entre les islets à cause des eaux du fleuve qui s'y répandent dans les mois d'avril et mai ; nous y restâmes une heure, n'ayant pas pu trouver de passages, nous retour. nâmes sur nos pas, étant hors de cet enfoncement, nous fimes le sud-est tout le long qui parait dans son milieu contiger à la grande terre qui a deux branches, dont l’une court au sud-est, et l’autre au nord-ouest, au dedans desquelles il y a un lac; à la pointe du sudest de cette ile, il y a un petit lac qui traverse tout par lequel nous voulümes passer croyant abréger notr2 chemin, mais nous n’y trou- ‘âmes pas assez d’eau, ce qui nous obligea de continuer notre route ; à la même pointe, il y a un petit islet qui n’en est éloigné que de la portée d’un boucanier, nous passâmes entre les deux, après avoir doublé cette pointe, nous avons vu la terre qui courait à l’ouest, nord-ouest, et une autre au sud-ouest quart d'ouest qui n’est autre chose que des islets que la mer couvre des me À ais temps, et qui tremble même sous les pieds quand on laisse tomber quelque chose de pesant, nous fimes de là l’ouest sud-ouest, les vents étaient pour lors au sud, nous vimes une passe entre des islets en dedans desquels nous entrâmes sur les quatres heures du soir où nous cabanâmes ; sur les cinq heures, il s'éleva un orage au nord-ouest, il tonna, et fit de grands éclaiïs avec une pluie continuelle toute la nuit, et gros vent variable, nous tendîmes nos voiles et pavillons

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Le Dimanche, ler jour de Mars.—Le mauvais temps continuant avec la pluie jusqu'à midi que les vents sautaient à l’ouest, nordouest, temps sombre, petits vents, sur le matin du même jour, M. d'Iberville fit couper la tige des petits arbrisseaux qui viennent sur les îles pour mettre dans les cabanes, y ayant plus d'un demi pied d’eau dedans, et même par dessus toute l’isle, en sorte que nous étions obligé de nous tenir debout le long du feu pendant toute la nuit, on creusa par toute l’isle pour trouver de l'eau, mais elle était toujours sommate, on y tua plusieurs chats sauvages, nous y restâmes jusqu’au lundi dedans ce triste endroit,

Le lundi 2, sur les 6 heures du matin, nous mimes à la voile d'un vent de nord assez fort, nous fîmes plusieurs routes entre le sud-ouest et le sud-est pour sorti: d’un labyrinthe d’ilets dont nous étions envelopnés ; après avoir doublé une pointe où nous donnâmes une accoulée, nous vîmes la grande terre qui courait au sud sud-est, nous la longeimes tout le long, la mer était si grande que nous fûmes obligés de mettre nos feigues qui était une toile goudronnée d'environ un pied de haut au dessus de notre bord que nous étions obligés de tenir pour empêcher la mer de s’embarquer. Nous arrivâr..es pendant un moment pour tenir la terre de plus près ; et de crainte aussi de repasser la rivière, nous vimes la terre qui courait encore au sud sud-est et au sud-est, nous tinmes les vents au plus près avec les ris dans notre grande voile pour tâcher de nous élever de la côte, les vents y battant tout à fait, après avoir été pendant deux heures au plus près à battre la mer qui nous mangeaitet craignant que quelque coup de mer nous comblât à cause d'u canot d’écorce que nous avions mis dedans. M. d’Iberville arriva vent arrière sur la côte, et nous ensuite étant résolus d'échouer nos petits bâtiments à la côte et de tacher de les hâler en haut pour nous en retourner à nos vaisseaux, ne pouvant y aller par d’autres voies, la terre étant toute inondée et remplie de lacs, nous aperçûmes une passe entre deux buttes de terre qui paraissaient comine de petites îles; nous vimes changer l’eau que nous goutâmes et trouvâmes douce, ce qui nous donna une grande consolation dans la cousternation où nous étions, peu de temps après nous aperçumes l'eamfort épaisse et toute changée, à mesure que nous approchions nous découvrions les passes de la rivière qui sont au nombre de troiayet üne rapidité de courant si grande que nous ne pouvions presque avancer, quoiqu'il venta, nous passâmes entre ces deux buttes de terre, nous vimes dans le milieu de cette passe un brisant sur lequel nous pensâmes nous perdre, ayant de

la peine à le doubler, nous en étant aperçu trop tard, ce brisant gît au n' rd-est et sud-ouest des buttes de terre qui sont le plus dans le rivière du côté du bas bord en entrant, l'entrée de cette rivière court au sud-est et ouest, nord-ouest et peut avoir environ un quart de lieue de large à son embouchure, et la côte court au même rumb de vent, qui n’est autre chose que deux langues de terre de la portée d’un boucanier de large, de sorte qu’on avait la mer des deux côtés de l2 rivière qui court le long de la côte ce qui fait qu’elle est si inondée. Sur les quatre heures du soir, nous mîmes à terre à une lieue et demi dans la rivière prrmi les roseaux dont la côte est bordée des deux bords, si épais qu’on a de la peine à y voir et qu'il est impossible d'y passer à moins que de les casser et le dedans de la côte est rempli de marécages impraticables. La côte est aussi bordée de quantité d'arbres d’une longueur prodigieuse de ravine que la rapidité du courant entraine à la mer, il est impossible de mettre pied à terre, sans passer par dessus, qui n’a pas plus d’un demi-pied au dessus de l’eau, nous avons trouvé deux petits bras d’eau grands comme nos ruisseaux en France qui se perdent dans la mer du côté du nord, nous eûmes de l’eau en abondance pour vivre, mais en échange, on retrancha le pain, ne mangeant que de la bouillie avec un peu de lard; - y avait toujours des hommes en faction de crainte de quelque surprise, nous ne trouvâmes qu'environ douze pieds d’eau dans la passe, et il peut y avoir près de deux pieds de levée, un fond très-doux, et en dedans 12 à 15 brasses, de sorte que les navires peuvent aller le beaupré sur la terre étant tant eccare.

Le mardi 3, sur ies 7 heures du matin, on dit la messe, et on chania le Te Deum en reconnaissance du fleuve du Mississipi, ensuite on dina fort succinctement voulant épargner les vivres, n'ayant que deux barriques de pain, peu de pois et un quart de farine pour les deux biscayennes, nous mîmes à la voile d’un vent d’est nord-est, à un quart de lieue de notre couché, nous trouvâmes un grand bras d’eau qui courait au nord-est et brisait presque partout ; sur les S heures du matin, nous dématâmes d’une rafalle de vent au travers des deux bras d’eau dont l’un court au sud-est et l’autre au sud-ouest qui sont près l’un de l’autre et ne sont éloignés que de trois lieues de l'embouchure, nous mîmes aussitôt à terre pour ajuster notre mat. où nous trouvâmes des framboises en quantité qui étaient presque mures et quelques arbres cà et là de moyenne grandeur. Les deux bords de la rivière courent depuis l’ouest nord-ouest jusqu’au nord-ouest à 5 lieues de son embouchure, eile n’a que la portée d’un boucanier de large, elle a des petits arbrisseaux le long de sa côte des deux bords, principalement

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