Giac. Cavedone, p. bol
LES ÉTATS DE l'ÉGLISE 145
Il y a encore des morceaux passables de l'école de Bolog^ne.
A Sainte-Agnès, petit couvent de filles, j'ai vu un grand tableau du Domenichino ^ Le bas est bien plus beau que le haut, ainsi que de celui qui est à S. Giovanni in Monte (60).
En sortant par la porte [S. Mamolo], par laquelle il est défendu à aucun estranger d'entrer, environ à une portée de canon de la ville, sur une hauteur qui la commande, se trouve le couvent de S. Michel in Bosco. Les Olivétains l'habitent et font honneur à leur foi : leur maison est g-rande, belle, bien bâtie. Ils ont trois cloîtres et un dortoir long de deux cent trente-trois de mes pas. Outre cela, ils ont une espèce de petit cloître isolé, qui est la plus superbe chose que l'on puisse voir. Les miracles de saint Benoît et de sainte Cécile y sont représentés à l'huile sur le mur : il n'y en a qu'un morceau à fresque. Le tout est peint par l'école des Carrache. Les morceaux de Louis excitent l'admiration de la part de ceux qui les regardent. Le temps en a gâté quelques-uns^, des polissons ou des peintres envieux, en ont gâté quelques endroits que l'on ne peut trop regretter. L église n'est pas grande, son bâtiment n'a rien de merveilleux. Le premier canton est peint partout à fresque ; les tableaux des.autels, quatre médaillons sur des portes et une descente de croix représentée la nuit^ à l'huile, sur le mur, tout cela, dis-je, est peint par les meilleurs de l'école nouvelle et ancienne de Bologne ^ Le tableau du maître-autel n'est pas laid ainsi que les chaises du chœur en marqueterie. La sacristie est pleine de fresques qui sont aussi très belles.
La bibliothèque est peinte il nV a pas longtemps; quoyqu'il n'y ait pas grande proportion dans de certaines figures, le tout ensemble et quelques morceaux particuliers sont bons. Il n'y a ni grands manuscrits ni rien de superflu