Pellegriiio Tihaldi, A. et P. boL et lomb
2. « ... Sans parler du palais Ranuzzi qui vante son escalier. » De Brosses, idem.
3. Avant palais Caprara. « Cette maison est éteinte; ce sont les Monte-
un appartement plein de beaux et bons tableaux, une petite galerie et un cabinet assez jolis, deux beaux tableaux de Salvator Rosa. Le maître de cette maison est celui qui a mis toute la ville en train pour bâtir les portiques de Saint-Luc.
Dans un appartement de la maison du marquis Sampiei'i^ dont les plafonds et les cheminées sont peints par les Carrache, l'on voit de beaux tableaux en grand nombre. Le plus rare est un saint Pierre de Guido Reni. Il y a plusieurs Carraches et autres bonnes peintures (63).
La façade de la maison ou palais Pepoli^ a grande apparence; elle appartient à gens de bonne maison. Elle est bien meublée, mais je vi\ trouvai rien de beau à voir ou du moins de rare. Le maître est Quaranta. A tout prendre, le palais a assez bonne apparence, belle même.
Le palais Caprara-Quarania^ a assez bonne façon au dehors, les dedans m'en ont beaucoup plu. Outre plusieurs xîhambres meublées, d'assez bons tableaux parmi lesquels il y a de beaux morceaux, une galerie meublée richement et de bon goût, pleine de trophées, d'armes turques, prises sous les ordres du général Gaprara qui servoit pour l'Empereur.
Dans toutes ces maisons j'ai vu des morceaux charmants de TAlbane. Bologne renferme des trésors de peinture; dans toutes les églises et les principales maisons, qui s'y trouvent en quantité, Ton voit toujours quelque chose de bon.
J'aurais voulu pouvoir y demeurer plus longtemps, mais
cuculli qui en portent le nom. Elle esta présent possédée par Mgr Monti. » Montesquieu, idem. « ... Le palais de Monti qui montre le cordon bleu de son oncle. » De Brosses, idem.
i. Le palais ou galerie Sampieri a de belles fresques des Cari'ache et du Guerchin, représentant l'histoire d'Hercule.
2. Le palais Pepoli^ de 1344, appartenant à la famille Pcpoli, qui, au xiv« s., fut la plus puissante de la ville : il a de riches arcades et une cour imposante, entourée d'une galerie d'un côté et de corridors voûtés en saillie des trois autres.
3. « Le Palais du général Caprara est un des plus beaux de la ville : on nous a fait voir quantité de riches dépouilles que ce général a prises sur les Turcs. » Misson, op. cit., t. II, p. 379.
LES ÉTATS DK l'ÉGLISE 153
il ne m'auroit pas resté suffisamment de temps pour exécuter mon projet de voyage, mais dans le temps que j'y ai demeuré je peux dire avoir vu le principal et le meilleur. La ville de Bologne est de toutes les villes d'Italie que j'ai vu, celle qui me plairoit plus pour y faire mon séjour ^ L'on y vit à très grand marché-; l'on y mange, dit-on, dans la saison des fruits excellens; l'on en conserve, surtout des 'raisins, d'une année à Tautre. Je puis dire en avoir vu au 27 mars d'aussi frais et d'aussi beaux que si on les venoit de cueillir. L'on y commerce de soie, de saucissons, de chiens^ et de savonnettes. La ville est inégale et mal pavée. Le Reno passe, comme j^ai dit, aux environs d'un mille, mais un canal tiré de cette rivière traverse la ville dans laquelle les bateaux n'entrent point. Le canal va jusques à Ferrare et par conséquent jusques au Pô. Il y a douze portes dans cette ville ; il est défendu très sérieusement aux étrangers d'entrer par d'autres que celles par où passe la poste. Cette défense ne leur est en rien incommode. On ne trouve nulle antiquité à Bologne. Il n'y a qu'une inscription ou épitaphe que personne ne peut entendre, à trois milles de la ville en sortant par la porte Mascarella. Comme elle est connue de tout le monde et que j'ai peu envie de faire une dissertation sur cette bagatelle, je n'ai pas jugé à propos d'y aller.
Je logeai v( Au Pèlerin » qui est assez bon et j'en repartis le 23 au matin pour me rendre à Ravenne, toujours en cambiature. L'on paye à Bologne poste royale, apparemment parce que c est la seconde ville du pape. Je ne dois point
1. De Brosses est, à son tour, enchanté de Bologne, de ses femmes, de ses érudits, de la bonne chère que l'on y fait, des conversations du cardinal Lambertini, de TOpéra. « Enfin, il a fallu quitter cette bienheureuse Bologne; j'ai laissé, en partant, mon cœur et mes pensées à la marquise G,... » Ibid., p. 2.^6.
2. << On m'apportait tous les jours, à Bologne, pour déjeuner, la valeur de quinze ou vingt bouteilles de vin. » Montesquieu, ibid., p. 83.
3. « Vous ne sauriez vous figurer combien les chiens sont communs ici; on ne trouve autre chose par les rues.... Je mange prodigieusement de ses bons saucissons. » De Brosses, lettre XXI, p. 249.
154 VOYAGK d'iTALIK
oublier que c'est aussi la pépinière de tous les opéras d'Italie qui y envoient les recrues dans le temps de carnaval; elles vont faire leurs récoltes et retournent toujours à leur patrie. C'est un des divertissemens de la ville d'aller chez elles les entendre chantera
Je partis le 25, je passai par /mo/a, petite ville assez jolie, bien pavée et évêché. Je lis pour y arriver ving-t milles de beau chemin uni, j'en fis dix autres d'un terrain plus montueux pour arriver à Faenza, autre évêché. La ville est plus grande, on y fait de la faïence et c'est elle qui, je crois, a donné son nom à cette terre cuite. Ces deux villes sont fermées d'une simple enceinte ayant chacune un château mais antique. Mon plus court chemin pour aller à Ravenne estoit d'y aller droit de Faenza, mais ce coquin de maître de poste me conseilla d'aller par Fofdi, autre petite [ville] qui n'est pas grand'chose. Quand j'y fus arrivé, j'appris qu'il estoit impossible d'aller de là à Ravenne ; aussi avec les mêmes chevaux je revins sur mes pas coucher à moitié chemin de Faenza, dans une chaumine de paysan, mais chez de bonnes gens, et j'envoyai le jDostillon me chercher des chevaux. Ces derniers dix milles estoient de chemin épouvantable et j'éprouvai la vérité du proverbe : bon terrain, méchant chemin (64).
De Bologne à Faenza le pays est beau et bon, coupé de plusieurs rivières. On ne passe que le Santerno au gué au sortir dlmola; toutes les autres ont leurs ponts. Le lendemain matin il me vint des chevaux au point du jour, je quittai sans regret ma paille et m'embarquai dans le plus vilain chemin du monde. Il dura quatre milles; les seize autres furent beaux. J'avois déjà vu le Montone àForli, je le suivis et le côtoyai jusques à Ravenne.
RAVENNE. — Pour y entrer je le passai sur un pont de | brique. Ravenne est un archevêché; la ville est assez grande, •