Federigo Barocci (le Baroche) P, rom
qui n'est pas laid. C'est le seul que j'ai vu dans cette ville. Toutes les colonnes de cette église sont encore antiques.
Dans un petit réduit dans Fenclos de cette maison, l'on me montra une espèce de chapelle voûtée' dont tout le haut est plein de mosaïque qui m'a paru plus belle, plus fine qu'aucune que j'aie encore vue. A droite et à gauche en entrant, je vis dans le mur deux tombeaux comme on les faisoit dans l'ancien temps ; un petit autel est au milieu de ■ce lieu. A droite et à gauche sont deux autres tombeaux de marbre, assez simples mais pourtant travaillés. Derrière ce même autel il y en a un autre plus grand et tout uni; de tout côté on en peut faire le tour. Voilà ce que j'appris par une pancarte qu'on donne à lire aux estrangers : dans celui du milieu estoit Galla Placidia, fille de Théodose César et sœur de deux empereurs, Arcadius d'Orient et Onorius d'Occident ; dans le tombeau à droite, estoit Honorius et à sa gauche Constance son épouse et son fils Valentinien empereur. Mon guide ajouta que dans les deux auprès de la porte €stoient des gens de leur suite^.
La tour de la ville^ qui est auprès de la place, penche de plus de trois pieds. L'on voit aisément que ce sont les fondemens qui ont manqué. Elle n'est ni si haute ni si penchée, à beaucoup près, que celle de Bologne.
Sur la place, qui n'est pas fort belle, il y a une statue de bronze d'un pape qui n'est pas laide. Il n'y a nulle inscription : un homme de bonne façon qui passoit me dit qu'elle estoit d'Alexandre VIL Sur ce même lieu il y a deux ■colonnes qui servoient autrefois à porter les armes des Pantalons quand ils estoient en possession de la ville ^.
i. Le Mausolée de Galla Placidia est une chapelle fondée vers 440 par rimpératrice de ce nom, sœurd'Honorius, veuve successivement d'Ataulphe, i*oi des Visigoths, et de Constance III; mère de Valentinien III.
2. Des trois sarcophages auj. vides, le grand en marbre au mur du fond, vidé par le feu en 1577, passe pour celui de Galla Placidia (m. 450), le sarcophage où se voient les trois agneaux dans le jardin du Paradis, passe pour celui de l'empereur Constance III; le troisième pour celui de l'emper. Honorius ou de Valentinien III.
3. Colonnes érigées en 1483, sous les Vénitiens, par Pietro Lombardi.
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A présent, elles portent les saints Apollinaire et Vital protecteurs de l'exarchat. A des portiques qui sont sur la place sont pendus huit morceaux de bronze que l'on m'a dit avoir servi aux portes de Pavie autrefois, et apportés comme dépouilles d'ennemis à Ravenne.
En sortant par la porte Serrata, passant le Montone et faisant environ le chemin de trois portées de fusil, l'on trouve un bâtiment nommé la Rolonda^ qu'Amalasunta a fait bâtir en DXXVI pour servir de tombeau à son père Théodoric. Dans le xv^ siècle, un éclat de bombe renversa le tombeau qui estant tombé fut placé en 1558 dans le mur de S. Apollinare habité par les Observantins. J'appris cela par une autre pancarte que l'on donne à lire, ainsi que la grandeur de la pierre dont je vais parler. Ce lieu est rond et a trente et un à trente-deux pieds de diamètre, bâti simplement de pierre de taille; le dessous en est voûté. L'on prétend qu'il y a trois autels et un lieu aussi grand que celui où Ton a mis la Madone. A présent il y a de l'eau par la transpiration de la rivière, et l'on m*a dit qu'on vouloit la nettoyer afin de le voir dans son premier estât. Le tombeau n'a rien d'extraordinaire, mais la pierre qui couvre le tout est d'une seule pièce-. Voilà sa grandeur comme je l'ai lu, qui m'a paru vraisemblable : quatre pieds géométriques d'épaisseur, cent quatorze pieds de circonférence, trente et un pieds, deux pouces de diamètre. Sur le haut estoit le tombeau, et tout au haut de la pierre qui est concave il y a douze petits pieds, détails de la même pièce, qui sont troués, et par lesquels on a apparemment élevé le tout, sur lesquels estoient les douze apôtres. Il est aisé d'en juger puisqu'on lit le nom de chaque apôtre sur chacun. La pierre est fendue d'un côté, l'on dit que c'est d'un coup de tonnerre ou peut-être de la bombe
\. S. Maria délia Rolonda {tombeau de Théodoric) appelée ainsi après que Bélisaire en eut rejeté les cendres du roi hérétique pour consacrer l'édifice au culte catholique, fut érigé probablement par Théodoric luimême vers 520.
2. La coupole surbaissée de onze mètres de diamètre est faite d'un seul bloc de roche d'Istrie.
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dont il est parlé ; quov qu'il en soit cela est extraordinaire (65).
S. Apollinare, église très ancienne, est ornée de très ancienne mosaïque et entr'autres d'un carré de même fabrique, où est écrit le nom de Justinianus ayant tous ses ornemens d'emperevir. Gela est assez vilam^ 11 y a un assez joli tombeau de marbre, fait depuis très peu, d'un cardinal. Dans le mur de cette maison, du côté de la rue, est le tombeau de Théodoric qui estoit sur cette grande pierre. C'est une espèce de cuve de porphyre ayant un mufïle en bas et deux anneaux ou ornemens. Il y a une inscription au bas pour instruire les curieux.
Il y a six portes à la ville. Je logeai « A la Couronne, » très mauvais. L'ennui me prit à Ravenne ; ayant vu tout ce qu'il y estoit à voir, j'en partis après dîner. Les commencemens de la première poste marécageuse me firent juger, outre les autres certitudes que l'on en a, de la vérité de ceux qui disent que Ravenne estoit un port de mer. A présent, elle en est à quatre milles. A environ une lieue je passai des bois de sapin-, autrefois le séjour des bandits, mais ils ont été exterminés. A la seconde poste, je passai la rivière de Cervia sur un pont de bois. Je rentrai dans un autre bois qui me conduisit à la petite ville de Cervia^ rebâtie en entier pour y faire des salines : bâtie avec symétrie, elle est carrée ; qui voit une rue voit tout. On n'a pas encore commencé à y travailler. C'est un évêché. Elle est sur le bord de la mer. Je la suivis toujours dans des sables, espèce de dunes, jusques à Cesenatico^ petit port et vilain trou où Ton fait un grand commerce de sel et de soufre. Je logeai « A l'Aigle noir, » pas des plus infâmes. Ce bourg estoit aussi autrefois aux Vénitiens : le lion a décampé de dessus la colonne pour y laisser les clefs.
1. Ce travail byzantin est fort ancien; la plupart des mosaïques remontent à l'époque de Théodoric, mais elles ont été souvent restaurées dans la suite.
2. La fameuse Pineta de Classe célébrée par Dante, Boccace, Dryden et Byron, a été gravement endommagée par le froid et plusieurs incendies.
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Aux environs d'un mille de la couchée, nous avons passé le Pisatello au gué. A deux pas de là, un pont de bois nous a fait traverser le Buhicon, fameux chez les anciens et qui porte encore son nom. Nous avons toujours suivi les dunes ou précisément les bords de la mer, et au bout de vingt milles nous sommes arrivés à Rimini.
RIMINI. — J'y dînai « A l'aigle, » pas des plus mauvais ; je parcourus la ville et jV vis ce que je vais décrire. Rimini, autrefois Ariminum comme je lai vu par plusieurs monumens, est une petite ville ayant l'air pauvre et je crois Testant en effet, mal bâtie et encore plus mal pavée. Un vieux mur tombant en lambeaux en fait l'enceinte. Un château gothique délabré et soutenant mal le titre pompeux de fotreresse qu'on lui donne dans la ville, fait la force de ce lieu.
Auprès de ce redoutable château est le Dôme, sans façade ; ce bâtiment moderne n'a de remarquable que son autel à l'envers, comme celui de Ravenne. Rimini est un évêché.
L'église de *S. Francesco bâtie par Sigismond Malatesta' en 1450 a le commencement d'un portail élevé jusques au premier ordre de bon goût et riche. Le dedans de l'église peut estre fini jusques un peu plus de la moitié : ce qu'il y a de fait n'est pas laid; le tout eut esté beau. Les côtés extérieurs sont extraordinaires : ce sont sept grands portiques dont la base est élevée aux environs de deux toises de terre. Dans chacun il y a un tombeau de pierre d'égale construction, ce qui fait un coup d'œil pas commun. — Auprès de ces tombeaux il y a une grande inscription grecque. — Le côté de la maison des moines a les sept portiques, mais point de tombeau-. «S. Gerolaino est une petite école
1. Sigismond Pandolfo MaZa^es^a de la noble famille qui régna en souveraine sur Rimini et sur une partie de la Romagne du xiii" au xv* siècles. Depuis 1528, Rimini resta définitivement aux papes.
2. Cette église en style classique fut érigée craprès le plan de Léon Battista Alberti.
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de noblesse assez joliment décorée dont le plafond n'est pas mal peint (66).
Sur \di place delà Communauté, car quoyque Rimini soit absolument gouvernée par le pape et par ceux qu'il envoie, ils [sic) ont encore quelques restes apparens de leur ancien gouvernement, sur cette place est une statue du pape Paul \% de bronze, avec une très vilaine fontaine. Derrière, sur le mur de la maison du gouverneur, on lit cette inscription : « G. Gaesar. August. F. Gos. Vias omnes Arimini ster » Sur une autre place, on lit sur un piédestal bien distinctement ces paroles :
« Gaio Gaesar dict., Rubiconesuperato, civili bello commilitones suos hic, in foro Ar. adlocut » et derrière, messieurs de Rimini ont écrit l'année où ils ont un peu réparé le monument.
11 y en a d'autres dans cette ville dont je vais parler. Sur la Marecchia, petite rivière qui arrose la ville, est un pont de cinq arches de marbre ou plutôt de pierre dure. Il m'a paru que Ton a un peu travaillé à la première en entrant dans la ville. Il paroît par deux inscriptions bien écrites, une surtout, que ce pont a esté construit par Auguste et Tibère ^ A l'autre bout de la ville il v a un Ai'c de triomphe^ n'ayant qu'une porte et deux colonnes de chaque côté, d'ordre corinthien ainsi que tout le bâtiment. Le côté de la campagne est plus entier que celui de la ville; les colonnes y ayant leur chapiteau on y lit distinctement des mots entiers, mais les commencemens estant détruits, je n'y ai rien pu comprendre. Au milieu et de chaque côté est une tête de taureau et dans deux médaillons une teste déjeune homme et une de vieillard, ce dernier toujours à droite. Le haut de
1. Une des inscriptions est en l'honneur d'Auguste, l'autre en l'honneur de Tibère : ce pont joint le faubourg à la ville et la voie Emilienne à la Flaminienne ; il est sur le fleuve Marecchia autrefois appelé Ariminus, qui a donné son nom à la ville.
2. (Auj. Porta Romana) élevé à l'honneur d'Auguste, parce qu'il avait fait réparer cinq chemins publics, surtout la voie Flaminienne, qui allait de Himini à Home.
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cet édifice est couvert de brique et forme une espèce de tour avec des créneaux pour le conserver. On passe dessous pour sortir de la ville.
Je fus aux Capucins, conduit par Tespérance d'y trouver un amphithéâtre, mais à peine en vis-je l'ombre. Dans les murs de la ville je vis deux portiques et une colonne soutenant un ceintre, le tout de brique et renouvelé, avec cette inscription :
« Amphiteatri Olimp. Sempronio Cos. excitati reliquias indigitat, sen. Ar. »
avec un bas-relief en bas. Il n'est pas estonnant qu'il ne reste plus rien de ce monument, les murs de la ville s'estant trouvés passer dedans le terrain qu'il occupoitdans le temps ■des fortifications gothiques.
11 y avoit autrefois un port, il n'en reste plus nul vestige : la mer s'est retirée d'environ un demi- mille. Le terrain qu'elle occupoit est fertile, plein de jardins. Une tour que l'on montre et que plusieurs ont écrit estre le phare, n'a nulle ■apparence; celle qui reste est de peu d'élévation, mince, de brique, ayant encore des créneaux. Enfin elle a esté bâtie dans le temps de l'ignorance de tout : il se peut qu'elle soit à la place de l'ancienne.
Il y a peu de belles maisons dans la ville; celle du comte Gambalunga est, m'a-t-on dit, la plus belle et a même bonne apparence. L'on dit qu'il y a une bibliothèque'. Je fus pour la voir, mais je ne pus, le maître estant à la campagne.
Le mauvais temps que j'avois me faisoit voir avec plaisir que j'avois tout visité, et je me préparois à retourner au gîte, mais le savetier, mon antiquaire, jaloux apparemment de mon bonheur, me pressa tant d'aller voir saint Gaudens, il m'en dit tant de bien que je ne pus refuser à ces empressemens et à ma curiosité d'aller voir ce saint dont ie n'a-
1. La Bibliothèque de la ville, fondée en 1617 par le jurisconsulte Gambalunga, se compose de 23.000 vol. parmi lesquels on remarque plusieurs manuscrits.
vois jamais entendu parler. Les plus nouveaux sont le? meilleurs en Italie. Ainsi, plein d'espérance, je traversai la ville qui est longue et après avoir fait un demi-mille dehors, j'arrivai mouillé et las à mourir chez le saint le plus mal meublé et le plus j^iètre que j'aie encore vu. Il fait son sé-r jour dans une cave vide fort grande ; un vilain autel sur lequel on dit la messe, une chaise de pierre sans dossier, sont tous les meubles de ce bienheureux. J'eus de la peine à retenir ma colère, je le fls cependant, et je louai infiniment et remerciai mon guide, afin que d'autres que moi y fussent attrapés. Enfin le dîner me remit des fatigues de- Saint-Gaudens (67).
Comme il estoit de bonne hem^e, je partis, et pour arriver à Cattolica, je fis sur le bord de la mer quinze milles, suivant de temps en temps un chemin ferré fait en chaussée que je crois avoir esté fait par les Romains. Le chemin de Cattolica à Pesaro n'est pas trop beau : quelques montagnes se détachent de l'Apennin que jusques-là nous avions toujours vu sur notre droite. Les montagnes qui vont jusques à la mer empêchent d'en suivre le bord, et l'on est obligé de les traverser. Le chemin cependant y est large et les montao-nes sont cultivées ao:réablement. Il v a dix milles de Cattolica à Pesaro.
PESARO. — La singularité de la petite République de Saint-Marin qui est à dix milles de Rimini, m'avoit donné une très grande envie d'y aller, mais les chaises n'y pouvant aller et ne pouvant monter à cheval, joint au mauvais temps qu'il faisoit, tout cela m'empêcha de me satisfaire. Je me contentai de voir de loin ce petit estât qui n'a guère que la ville pour domaine.
Pesaro est sur le bord de la mer, environné des plus aimables vallons du monde et situé sur une petite hauteur. Ses figues sont vantées. Sa fortification n'est ni antique, ni moderne et en tout c'est peu de chose : il y a aussi un vieux château dans le goût ordinaire. Depuis Bologne je n'ai pas-
VU un soldat. Cette petite ville est riante, assez bien bâtie, bien percée et bien pavée de brique. Elle m'a paru un peu plus peuplée que les autres de la Romagne que j'ai vues, et il faut qu'elle soit plus riche puisqu'il y a des Juifs establis. Ils portent tous du rouge sur le dessus de leur chapeau. C'est encore un évêché. Le Dôme n'a rien de merveilleux; son autel estoit de bon genre; j^y ai trouvé un très beau tableau de Guido Reni. De plusieurs églises que j'ai vues, je n'en ai pas vu une qui vaille.
A Saint- And j^é, sur la placette du marché, j'ai trouvé un très beau tableau de Barocci. C'est un Notre-Seigneur qui appelle saint Pierre et saint André. Sur la place, qui n'est pas grand'chose, il y a une fontaine et une statue de marbre blanc du pape Urbain VII1\ sous le règne duquel cette ville se donna au Saint-Siège, comme il paroît par une inscription. Au coin de cette place il y a une petite église devant laquelle il y a sept ou huit piédestaux ou morceaux de marbre et de pierre. J'en ai lu toutes les inscriptions, je n'ai rien vu de rare.
Je logeai a A l'Aigle », poste dont la maison a bonne façon et est le meilleur et le plus beau [cabaret] que j'aie trouvé sur cette route. J'en partis le lendemain matin, et suivant précisément la côte delà mer, j'arrivai à Fano.
FA NO. — On compte une poste, mais elle est des plus petites. Fano est un petit évêché; la ville est petite, assez mal bâtie, pavée de même. Elle est environnée de simples [mursj et d'un château à la mode du pays. Le côté de la mer est un peu mieux fortifié ; j'y ai vu une espèce de bastion et des canons.
Le Dôme a très mauvaise mine et tient ce qu'il promet. La petite église de S. Pietro est joliment décorée et ornée de peintures et de dorures. Un reste d'arc de triomphe de pierre est tout ce qu'il y a de digne de la curiosité. Il est peu
]. C'est sous son pontificat que cette ville, et tout le duché d'Urbin, fut réunie à l'Etat de l'Eglise.
épais, assez simple, ayant trois portes; les deux petites en sont bouchées. On lit assez aisément les inscriptions et l'on ' apprend qu'il a esté fait sous le règne d'Auguste ^ Il y avoit un ordre de colonnes en portique dessus le ceintre de la voûte, on en voit encore quelques restes et l'on voit avec plaisir ce qu'estoit l'édifice en entier, par un bas-relief en petit fait sur le mur de la petite église de Saint-Michel qui touche le bâtiment. Les proportions m'ont paru observées dans cette jolie copie ; on y lit aussi les inscriptions dont il n'en reste plus que deux sur l'original.
De Fano nous avons fait quinze milles toujours sur le rivage et nous avons passé sur deux ponts de bois le Métaure^ et le Gesano, deux rivières assez larges et que l'on voit par leur rives ravinées n'estrepas quelquefois bonnes pour leur voisins. J'arrivai à Sinigaglia où je dînai.
SINIGAGLIA. — Gette ville est fortifiée de six bons bastions bien revêtus et bien flanqués; il y a fort peu de fossé, on va jusques au pied. Un château à l'antique mais bon, domine sur la ville et en même temps sur le rivage. Les remparts m'ont paru suffisamment pourvu de canons. Le pape paye trente hommes de garnison soit ville et château : à la vérité les milices sont nommées et prêtes à marcher en cas d'alarmes. La ville est petite, les rues sont assez larges, les maisons serrées et assez remplies. La place est vilaine, il n'y a dessus nulle statue (68).
Au Dôme et alla C/*oce j'ai vu dans chacune un tableau du Baroche. Ce que j'ai vu d'églises est vilain. La petite rivière de l'Esino traverse [la ville] : ses deux bords sont revêtus de briques et ce fleuve sert de refuge aux barques de pêcheurs. Pour assurer leur retraite, on a fait un avance ou môle qui peut estre loin de terre d'une médiocre portée de
1. Arc de triomphe d'Auguste, restauré, agrandi et décoré par Constantin. Federigo da Montefeltro, duc d'Urbin, mettant le siège à la ville par les ordres de Pie II (1463), endommagea affreusement l'Arc d'Auguste.