‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 173 sur 197 · Actuellement au Musée du Vatican · texte numérisé non relu

Actuellement au Musée du Vatican

4. « Je fus voir le fameux Méléagre de marbre couleur d'ivoire, dont parle Pline. 11 est manchot le pauvre diable; c'est selon le sentiment commun, un antique « del primo grido. » On ne tient g-uèrc en honneur cette

LES ÉlAPES DU IIETOUR 291

Le dedans du Palais Farnèse, dans la cour, est mag-nifîque pour l'architecture . « L'Hercule, » la « Flore » et le bout de buste qui a un panier sur la teste l'ornent déjà infiniment avec plusieurs autres. La Galerie et le « Taureau » sont des choses qui se vovent, mais le duc de Parme, je ne sais pourquoi, ne veut pas laisser voir un nombre considérable d'autres bouts d'antiques qu*il a ; entr'autres la carte de l'ancienne Rome en mosaïque trouvée dans le pavé de l'ancien temple de Romulus. Je me suis donné pour la voir de g-randes peines.

Chez un seigneur nommé Cicagnini il y a : un superbe tableau de l'Albane, on le peut nommer son chef-d'œuvre, ce sont les bains de Diane; un jeune et petit xAntinoûs; la moitié d'un faune avec un x\pollon, chose superbe; un jeune Commode habillé en soldat; un superbe vase entier enrichi d'ornemens et nombre d'autres ; le tout trouvé dans une villa qu'il a auprès du cirque de Garacalla dans le lieu où estoit jadis la maison de campagne de Marc- Aurèle.

Sous l'autel de Saint-Pierre on a conservé l'ancien pavé de la vieille église qui n'estoit pas plus grande que la circonférence du dôme. On a porté là tous les monumens, toutes les madones adorées qui se tfouvoient dans cette première église. Il nV a là dessous rien de beau que quatre tableaux en mosaïque, dessins d'André Sacchi. L'on a même ordonné par une dernière congrégation, du temps que j'ai esté à Rome, que tous les tableaux qui ornent les chapelles seroient ostés et qu'à leur place, sur les mêmes dessins, on feroit de la mosaïque pour que la postérité jugeât mieux encore de la magnificence de Saint-Pierre ^

Malgré mon intention de ne point parler du Vatican, je

statue célèbre, elle e^t couchée tout bonnement dans une petite chambre ». De Bhosses, p. 143.

\. Le pape Clément XI fonda la fabrique de mosaïques (Studio del Mosaicoj qui a copié pour des églises, etc., des tableaux célèbres au moyen d'émaux de couleur, dont il existe 10.000 différentes nuances. De Brosses loue cette initiative et aurait souhaité pour la magnificence du roi de France qu'il fît construire un vaste bâtiment en galerie pour y réunir

ne puis oublier les « Loges » de Raphaël, la chapelle (( Pauline » avec le plafond et le beau « Jugement » de Michel-Ange!

Le château Saint-Ange nest pas mal fortifié; son arsenal est vilain et mal tenu; il y en a un autre plus grand et plus considérable à Saint-Pierre. Les fondemens de la tour que l'on voit aujourd'hui estoient jadfs le tombeau d'Adrien; la pomme de pin et les deux pans qui sont au jardin du Vatican estoient au haut de ladite tour. Le degré que Ton a pratiqué a esté plus difficile à faire que si on l'eût taillé dans le roc. C'est dessus cette tour que l'on tire les deux feux d'artifice et les gerbes, avec raison fameuses, la veille et le jour de Saint-Pierre, la nuit desquels l'église jusques au haut du dôme est entièrement illuminée.

La Feste-Dieu est assez belle, les troupes du pape aussi, surtout les chevau-légers avec le casque en tête. Le brere [sic) des chevaux est une chose comique ainsi que ces c... de chevaliers et princes romains qui, de la plus mauvaise dignité, suivent les prêtres à cheval.

Au Palais Giustiniani il y a un nombre considérable de bustes et de statues, mais sans ordre ^: un bouc superbe, une Pallas entière, un buste de satyre, plusieurs autres [bustes] d'empereurs. Quant aux tableaux: une Magdeleine de Garavaggio, un Paul Véronèse^, un Michel-Ange^, une belle nuit d'un Flamand, et un très beau buste d'Apollon.

Les Capucins ont une petite et peu belle église. Le « Saint Michel » de G. Reni, un Pierre de Gortona, deux d'Andréa Sacchi, dont un mort ressuscité est le plus beau, la Vierge du Lanfranco et d'autres, sont de beaux tableaux (118).

les copies en mosaïque des plus fameux ouvrages à fresques d'Italie, tant en tableaux qu'en plafonds. Montesquieu, par contre, n'est pas enthousiaste de ce procédé (V. p. 233).

1. « Le tout est mélangé de bon et de mauvais, jeté sans ordre et sans grâce sur le pavé d'une grande galerie dénuée de tout ornement: c'est moins une galerie qu'un magasin.... » De Hrosses, p. 128.

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