Léon X et Clément VII
0. Jean, Alexandre, et du grand Côme de Médicis, toutes de Bandinelli.
(). « Les raretés, richesses et curiosités des Médicis leur viennent non seulement de ce qu'ils ont acquis, mais aussi de la confiscation des biens de plusieurs familles de Florence qui avoient conspiré contre eux. » Mon- TF.SQiriftU, p. 173.
qui s'en éloignent assez pour empêcher de voir que le sommet en est inculte. L'Arno traverse la ville : c'est une rivière dont le lit est assez large, mais il n'a presque point d'eau Testé. Les maisons de la ville sont bien bâties, il y a d'assez beaux palais. Généralement parlant les rues sont grandes, bien percées^ toutes pavées de grandes pierres plates et inégales, ce qui est commode pour les gens de pied (128).
Il y a quatre ponts sur l'Arno, tous sont de pierre : celui des Grazie^ le pont Vecchio, sur lequel passe la communication [des palais] du G. D., celui de la Trinità et celui alla Carraia. Celui de la Trinità est véritablement beau; les arches plates, les moulures dont il est orné, méritent qu^on le regarde. Il est orné de quatre figures de marbre ; elles sont mauvaises et représentent les quatre saisons. Sur le ponte Vecchio^ du côté du palais, il y a un groupe de deux figures : (' une Charité romaine, » un soldat qui en soutient un autre mort d'une blessure. Cela m'a paru antique et assez bon : on le nomme ordinairement « Alexandre le Grand, » mais ce ne peut l'estre.
La ville est assez de forme circulaire, elle n'est ceinte que d'une simple muraille. Auprès du palais du grand duc il y a deux forts; l'un de Belveder\ Tautre de S. Majano' [sic)', de l'autre côté de l'eau est celui de Abasso', le plus grand qui renferme l'arsenal que Ton dit estre nombreux et en bon estât. Le prince n'a des troupes dans Florence que dans ce fort et dans Belveder, au nombre d'environ centsoixante hommes. Tous les derniers dimanches du mois, chaque village envoie, selon sa grandeur, plus ou moins d'hommes à l'exercice, qui se fait dans un lieu marqué par les milices nommées pour marcher au premier ordre, comme à Genève et en d'autres endroits.
1. Construit à partir de 1590 par Buontalenti, et aiij. transformé en caserne.
2. S. Miniato al Monte, fortifications que Michel-Ange fit élever en 1529: en 1553 le duc Cosme I transforma la colline en véritable forteresse.
3. Dr Brsso ou Sainl-Jean-Bapiisle, construite en 153 i, par le duc Alexandre.
Je montai sur la tour du Dôme; elle a quatre cent douze inarches. C'est un grand plaisir que de découvrir les environs de Florence : la fertilité du vallon est bien agréable et la variété des maisons de campagne fait un effet enchanté surtout des deux côtés de la rivière [qui], en descendant, est bordée de bois, de prés et de promenades enchantées^ à un lieu nommé les Cascine. Ce sont les plaisirs des princes.
Le G. D. a plusieurs maisons de campagne, entr'autres Poggio Impériale^ qui est tout contre la Porta Romana. La grande allée qui conduit à la maison est ce qu'il y a de plus beau. On vante beaucoup dans la ville ce qui s'j trouve de tableaux, mais c'est bien peu de chose, et cela ne vaut pas la peine d'en parler. Une autre maison de campagne est le Prafolino, [située! trop loin pour n'aller voir que des jardins.
Le palais où loge le grand duc estoit celui d'un particulier nommé Pitti-. La façade du côté de la place irrégulière n'est pas belle, elle est même assez triste. Le dedans est assez beau : les trois ordres sont tous rustiques et la cour est petite. Il y a dedans une prodigieuse pierre d'aimant; on dit qu'elle a perdu de sa force, elle n'est ni armée ni soignée. Dans un des appartemens du Grand-duc il y a cinq plafonds peints par Pierre de Gortone qui sont magnifiques et du beau [sic) de ce peintre\ Au même étage est l'appartement du dernier grand prince mort qui aimoit fort la peinture et les beaux-arts*. Il y a sept chambres pleines de tableaux dans lesquelles j'ai vu : le chef-d'œuvre d'Andréa
1. Cet imposant édifice fut ainsi nommé en 1620 par la femme de Cosme II. l'archiduchesse Marie-Madeleine d'Autriche, qui fonda ici une maison de campagne pour les g-randes duchesses.
2. Pilti (Luca) antagoniste des Médicis. A partir de 1550, il fut la résidence des ducs. Il est célèbre par sa galerie « Galleria Palatina. » Provenant des collections des cardinaux Léopold et Charles de Médicis et du grand duc Ferdinand II, elle ne compte que des chefs-d'œuvre.
3. Les plafonds de Pierre de Cortone, décorés de peintures allégoriques, ont donné, d'après leur sujet, leurs noms aux pièces, savoir : Salle de Saturne, salle de .Jupiter, salle de Mars, salle d'Apollon, salle de Vénus.
4. Ferdinand II de Médicis, le protecteur des artistes, l'ami de Galilée, Torricelli et Viviani.
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del Sarto^ ; une Vierge de Raphaël, superbe*; des Titiens; des Véronèses; une Sainte famille du Corrège un peu noire.
Le jardin de ce palais jouit d'une très belle vue, le terrain n'en est pas uni, ainsi il est incommode pour se promener^. Il y a au milieu d'un bassin un bosquet d'orang-ers qui est fort agréable; la statue qui est au centre jette de l'eau dans une pierre dont la grandeur est à considérer. Il y a dans un coin de ce jardin une ménagerie [sic) pour les oiseaux, mais il n'y avoit pas grand'chose de rare.
Je logeai « A Saint-Louis » (l'Aigle noire vaut mieux) et je partis de Florence le 7 d'aoust, en voiture, ne voulant plus entendre parler de poste.
Le Ghetto de Florence est fort propre contre l'ordinaire de ces sortes de domiciles. Les Juifs n'y portent aucun (signe) de distinction.
Les dames sont jolies^ et les chevaliers polis. Quand on revient de Rome et de Naples, on trouve les sociétés de Florence fort aimables et les manières aisées*'' (129).
— De Florence à Bologne il y a cinquante-cinq milles par de grandes montagnes, c'est tout l'Apennin. — Les cinq premiers milles que je fis en sortant de Florence furent par un beau chemin presque toujours entre des maisons et des verdures. Les vignes de toute cette plaine montent et forment des festons sur les arbres qui sont plantés en fermant les champs de chaque particulier de ces cinq milles. Un chemin uni, au milieu des arbres et de ces beaux festons