Ponte di Mezzo
groupé avec une femme et deux petits enfans, symbole de la ville de Pise à ses genoux. — Il paroît que c'est la ville qui l'a élevée ^ — La statue est belle, elle est de marbre blanc. Pas loin de ce palais en est un autre, du cavalier Pisantino qui n'est pas laid : sa façade est même ornée de quelque marbre et sur la porte l'on voit écrit : « Alla Giovalità, » je n'ai pu savoir à propos de quoi (131).
Plus bas, du côté du vieux pont, se trouve le lieu où l'on construit les galères du G. D. ; le lieu n'est que pour le nécessaire, il n'y a de quoi construire que six de ces bâtimens. Il y en avoit deux sur le chantier; quand ils ont la carcasse finie, on coupe une digue de terre qui empêche la rivière d'y entrer, on lance à l'eau le bâtiment, et par cette même rivière on l'envoie à Livourne où on l'arme.
L'ordre de Saint-Estienne^, établi par les Médicis, a sa résidence et son habitation à Pise. Ces chevaliers font des vœux : les couleurs de leur croix sont absolument contraires à celles de Malte. Ils ont une maison ^ ornée de bustes de marbre dans Pise; ils y viennent faire leurs caravanes, c'est-à-dire loger, et marchent contre les Turcs avec des galères.
Il y en avoit deux avec celles de Malte au secours des Vénitiens. Ces chevaliers vivent dans cette maison comme dans un couvent^ en suivant leur règle. Devant le palais est la statue de Cosme P'" en marbre blanc, en pied et assez bonne. L'église de Saint-Estienne'' , qui est celle de l'ordre, a une façade de marbre blanc de laquelle il n'y a rien à dire. Il y a un ou deux tableaux de l'école florentine qui ne m'ont pas déplu. Le haut est tapissé d'estendards et de banderoles turques pris par les chevaliers : il me semble avoir compté neuf lanternes. Le principal autel est beau, de bon
4. Vendue à Florence en 1405, Pise essaya, à l'arrivée de Charles VIII en Italie (1494), desecouer le joug de sa voisine altiére, mais elle dut se rendre en 1509, après un long siège.
2. Ordre des Stéphanites, fondé en 1561 par Cosme I". Les chevaliers devaient être nobles, s'engager à servir l'Eglise, faire vœu de chasteté conjugale.