‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 25 sur 197 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

des fournisseurs auxquels Natoire, du Breteuil, Barthélémy, Paciaudi ne laissèrent aucun répit. Caylus leur communiquait sa fureur, si bien qu'il n'était point de ventes, d'enchères, de fouilles où il n'eût sa part. Tout lui est bon : au pis-aller il soumet le fragment au feu, au bain, pour pénétrer son procédé de fabrication ou son alliage. Lorsque les objets ont été soigneusement dessinés, pesés, évalués, mesurés, décrits, Caylus s'en débarrasse en les envoyant au cabinet du roi, moins parce qu'ils lui paraissent dignes d'y occuper une place, que pour les conserver et les mettre à l'abri des accidents que ces sortes de collections essuient à la mort des particuliers ^ L'amour de l'antique ne réveille pas en lui l'amour de la propriété. Au moment où un objet, qui lui revenait cher, cesse d'être intéressant, il cesse de lui appartenir. Il lui suffit de l'avoir classé. Aussi Caylus n'estil pas un collectionneur au sens strict du mot; son cabinet a une physionomie tout à fait singulière; c'est un entrepôt de disparates qui n'attendent que le coup d'œil du possesseur pour déménager. Il ressasse dans ses lettres à l'abbé Paciaudi- le but de sa collection et l'objet précis de ses recherches.

« Je vous prie toujours de vous souvenir que je ne fais pas un cabinet, que la vanité n'étant pas mon objet, je ne

\. Averlissement au t. I*' du Recueil. Caylus fit au Cabinet du roi trois versements. A sa mort, par disposition testamentaire, la Bibliothèque du roi et le Cabinet des estampes se partagèrent sa bibliothèque, et après la mort de l'héritier de sa fortune et de ses titres, Robert de Lignerac, duc de Caylus, le Cabinet des médailles, auquel C... avait fait deux donations, en 1750 et en 17H2, reçut toutes ses antiques.

2. Ch. Nisard. Correspondance inédite du comte de Caylus avec le P. Paciaudi, théatin, 1757 à 1765, 2 vol. Paris, Imprimerie Nationale, 1877. Paolo-Maria Paciaudi, fils d'un médecin de la cour de Turin, naquit en cette ville le 23 nov. 1710. Il fit d'excellentes études chez les Jésuites : aussitôt licencié de l'université de Turin, il alla à Venise, y prit l'habit de théatin en 1729. Remarquablement curieux des sciences, il s'appliqua à la physique, à la géométrie. Il professa la philosophie à Gènes, inclinant vers les doctrines de Descartes et de Leibnitz. Eclectique passionné, il amasse un fonds de culture aussi varié que profond, par lequel il gagne en 1740 la protection du savant cardinal Spinelli qui le garde sept ans à Rome. Sa renommée d'érudit s'ébruita si bien et si vite que tout poss'es-

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