Lettre XU
INTRODUCTION XXXlll
ments et des lumières quand une fois le plan est fait et les points de vue donnés. Somme toute, les balayures de la place Navonc et toutes les guenilles me conviennent^. Je ne fais pas un cabinet., je fais un cours d^ antiquités et je cherche pour les usages ce qui les procure et pour les pratiques ce qui les démontre. La singularité d^Herculanum et les obstacles quil faut surmonter pour avoir des fruits de ce jardin des Hespérides font que tout en est bon^. Il y a tant de pauvres diables qui sont bien aises de gagner un écu, qu'on peut charger quelqu'un de cette espèce de ramasser des pots et des morceaux cassés de tous métaux et de toute matière. Je crois que c'est un moyen pour retrouver plusieurs pratiques des Romains, et il est constant qu'ils en avaient beaucoup qui sont du haut allemand pour nos modernes, malgré leur enflure et leur suffisance Nous avons
an proverbe qui dit que tout sert en ménage ; je le crois surtout vrai sur la fable d'un antiquaire^ . \ous voyez que je travaille et que si je désire des morceaux, ce n'est pas pour en faire parade, les arranger dans un cabinet où l'on entre le plus souvent pour écouter des raisonnements à la diable, et répéter de son côté presque toujours la même <:hose. Si j^étais condamné à cette peine, je jetterais toutes les antiques par la fenêtre et je prendrais le même chemin '" »
Le but de Gaylus est donc clairement énoncé ; il le définit encore sobrement dans la dédicace à Messieurs de l'Académie des inscriptions et belles-lettres^
« Avant que vous m'eussiez fait la grâce de m admettre parmi vous, je ne regardois que du côté de Vart ces restes de l'antiquité savante échappés à la barbarie des temps; vous m'avez appris à y attacher un mérite infiniment supé-
\. Lettre XXII.