INTRODUCTION XXXV
fleurs de la naturel » II détaille les jouissances de l'antiquaire : acquisitions, lettres, voyag^es, visites, donnent à la vie une action que Ton peut avouer; puis l'instant où les trésors arrivent, il ouvre avec une douce inquiétude mêlée (iespérance, les caisses qui les renferment ; il se flatte d'y trouver des choses rares et inconnues. Le moment de la découverte lui est une jouissance vive à laquelle s'ajoute celle des expériences. L'idée de prévoir une découverte d'utilité publique le pénètre, l'échauffé, touche son cœur, et ie bonheur de réussir le dédommage amplement de toutes ses peines-. Parfois Gaylus parle de son opulence ; le plus souvent il soupire parce que l'ordinaire ne lui a rien apporté. Une fois son angoisse perce dans ces mots : « depuis longtemps je n'ai rien déballée »
Quoique les caisses qui lui sont adressées voyagent avec les privilèges et les garanties accordés aux effets des ambassadeurs, il tremble sur leur sort. L'état précaire des routes, les différentes douanes de tous les petits princes d'Italie, la négligence des correspondants, sont autant de dangers qui menacent ses guenilles, et il en vient à déclarer que les envois des antiquaires et des gens de lettres devraient être à l'abri de lois si sévères, que lors même que des corsaires les trouveraient flottants sur la mer, ils fussent obligés de les renvoyer à leur adresse \ Les inondations le comblent de joie, il en loue Dieu d'abord et donne le branle-bas à ses correspondants à Arles et le long de la vallée du Rhône, pour qu'ils ramassent ce que les débordements découvrent ^ Il est de mauvaise humeur certain printemps, parce que l'Italie n'a pas eu son inondation. Un paquet intercepté le touche plus que les affaires de Pologne et que les tracasseries parlementaires ^ Pendant
i. Lettre XXXIV.