XLVI INTRODUCTION
Levani , y insère un très g-rand nombre d'inscriptions. Quant à Montfaucon^ il est le prototype du savant qui allie à la candeur de son rêve l'insuffisance des moyens propres à le réaliser. Son encyclopédie est, somme toute, un livre d'images. Ce qui manque à leur érudition, c'est la curiosité scientifique. En outre, ils sont tous dépourvus d'une éducation artistique.
Gaylus eut à un degré suprême ces deux qualités essentielles et il les mit en valeur dans son travail d'antiquaire. Barthélémy avoue qu'il ne comprend rien en fait de tableaux ; Paciaudi mesure nettement la supériorité indéniable de Gaylus.
(( Vous réunissez deux qualités qui vous mettent au-dessus de tous les autres antiquaires ; à la connaissance de l'antiquité vous ajoutez celle des arts. Ordinairement ceux qui écrivent sur les anciens monuments ne connaissent que l'antiquité, et leur travail ne peut être d'aucune utilité pour lés artistes. Vous avez ouvert une route nouvelle : peu de savants seront capables de la suivre. Aussi votre réputation est d'autant plus solide qu'elle est plus à envier qu'à imiter-. »
On date la science de l'art de l'an 1765 ^ En 1750, paraissent les premiers travaux archéologiques de Gaylus. Avant, le chaos règne. Gaylus remplit l'entre-deux; il marque l'étape entre le manque absolu de science et son avènement. 11 fraie le chemin à Winkelmann dont il est le devancier immédiat.
A la présence du morceau antique, Gaylus, évitant toute parade d'érudition, saisit les rapports qu'il présente avec le témoignage des anciens, si ces rapports sont clairs et sensibles. Dans le cas contraire, il applique d'emblée sa méthode. Elle consiste à étudier fidèlement l'esprit et la main
1. L'antiquité expliquée et représentée en figures, par Dom Bernard de Montfaucon. Paris, 1719.