‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 45 sur 197 · Lettre LVII à Gaylus · texte numérisé non relu

Lettre LVII à Gaylus

'6. Avec Winkelmann « Histoire de l'art ancien » et « Monumenti inediti. »

IINTRODUCTION XLVIl

de l'artiste, à se pénétrer de ses vues, à le suivre dans l'exécution, à le considérer comme la preuve de l'expression du g-oût qui régnait dans un siècle et dans un pays. Ce faisant il communique aux artistes, que le prétendu goût du jour et le brillant de la touche égarent, le sentiment de l'exactitude; en plus, il rend les moyens d'opérer que nous jugeons impraticables par la seule raison qu'on ne les pratique plus ^ Vu témoignage des anciens, Gaylus ajoute la comparaison qui est à l'antiquaire ce que l'expérience est au physicien.

L'étude des monuments présente deux aspects : le physique et le moral. Le premier consiste dans l'examen de leur matière, de leur forme, de l'usage auquel ils étaient destinés, dans l'analyse du peuple qui les a produits et du pays qu'il habite. Le second met l'antiquaire à portée de juger du caractère des nations célèbres, de leur esprit d'assimilation et d'imitation, de leurs aptitudes, du degré de leur culture. Gaylus saurait se moquer tout aussi bien qu'un autre dun homme qui ne serait occu23é que de l'examen d'un vieux pot ou d'une statue mutilée : (( Ma critique serait plus vive que la plaisanterie ordinaire si je croyais qu'il ne regardât ces objets que des yeux du corps, sans avoir aucun des projets de recherche qui peuvent conduire à la véritable philosophie-. »

La qualité maîtresse de cette méthode est l'exactitude la plus rigoureuse, exactitude qui suppose une rare compétence sur des questions fort variées. Lorsque Gaylus peut décrire et classer l'objet avec le secours de sa culture souple, il le fait en toute diligence. Quand le secret lui échappe ou le doute persiste, plutôt que de se rabattre sur des jugements vagues ou des citations ambiguës, il quémande les lumières des spécialistes. Tantôt c'est Paciaudi qui lui donne le mot de l'énigme, en retraçant la provenance ou l'usage du morceau ; tantôt c'est Barthélémy qui Tillumine par son érudition de numismate. Il en agit avec les hommes

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