INTRODUCTION XLIX
ce qu'ils n'ont point entrevu. Par exemple : il discerne que certain buste d'Héliogabale ne peut avoir servi qu'au poids dune balance; il regarde le bas-relief qu'un citoyen du monde ^ a laissé à sa porte, comme représentant l'enfance des arts en Egypte, ce qui est prouvé aujourd'hui. Il devine que le monument de la planche XX du tome II ne représente pas des divinités, trait de sagacité d'autant plus extraordinaire qu'il avait peu de bons monuments égyptiens. Paciaudi étiquette un objet pour une mouchette, Gaylus lui prouve que c'est une pince pour arracher le poil. A propos des hiéroglyphes de la table isiaque du musée de Turin, Gaylus prévoit qu'il sera un jour prouvé comment les lettres n'ont eu qu'une unique origine, attribuable aux Egyptiens : il a deviné conjecturalement une chose vraie. Sa découverte sur la peinture à la cire encaustique et l'encaustique des murailles est un événement. Une discussion ayant pris naissance au sujet des armes de cuivre découvertes à Jensac^, Gaylus en forge de semblables, reproduit l'alliage, la forme; les éprouve, les apporte à l'Académie et affirme que les épées découvertes sont non seulement offensives et défensives, mais encore antiques et romaines. A\ant Winkelmann, il attire l'attention des érudits sur l'importance des pierres gravées, témoins souvent uniques d'un mythe, d'une légende. Barthélémy, le baron de Gleichen, le roi d'Angleterre^ le cardinal Albani, conseillés par un Mengs, par un Venuti, achètent comme peintures d'Herculanun des pastiches que Gaylus reconnaît comme tels. La Gondamine^ lui adresse de Rome certains tableaux, car « je ne connois que vous qui puissiez réussir
1. Supplément au tome Vfl du Recueil pi. I. V. Lettre XGIII à Paciaudi. « Un amateur de la liberté, un citoyen du monde, possède quelques antiques égyptiennes, il les envoie à un gentilhomme français éclairé et bienfaisant. »
2. Mémoire sur la peinture à l'encaustique et sur la peinture à lliuile, Genève, 1755, in-8.