INTRODUCTION LUI
différents siècles peuvent être regardées comme des nuances très fines d'une même couleur \ »
Le premier il a aftîrmé que l'Egypte a été le foyer des arts, que les marchands phéniciens furent les intermédiaires artistiques entre l'Egypte, l'Etrurie et la Grèce, que les Romains ont eu, en général, le goût mou et lourd. Il a été le premier a concevoir le développement graduel, continu de l'art dans les civilisations anciennes. Sous ce rapport, il est en avance sur Winkelmann.
La méthode de Gaylus, basée sur Texpérience et la comparaison, pierre de touche de la science moderne, lui a fourni la connaissance raisonnée et quasi complète de la technique des arts. Mais il excède lorsqu'il transplante sa méthode des objets aux œuvres, c'est-à-dire quand il considère comme un procédé à vérifier, ce qui est de la nature de l'inspiration. A force d'essayer des opérations singulières pour deviner des procédés perdus, il représente les descriptions d'une œuvre littéraire. Instinctivement, il crayonne le poème et le découpe en tableautins. Il présente aux artistes contemporains ce découpage dans le but de leur inspirer de nouveaux sujets de peinture et de sculpture-; il place ses sujets sur le chevalet, de façon que l'artiste n'a qu'à passer les couleurs et à inscrire dans le coin de la toile l'auteur et le passage^. Que le critique insiste sur le pittoresque, et la rigoureuse exactitude historique, c'est fort bien, mais qu'il ne mette pas en ligne de compte l'inspiration, voilà une erreur impardonnable aux yeux de celui qui refuserait d'y voir le fruit de l'application outrée d'une méthode excellente en elle-même !
Gaylus fonda un prix considérable qui se distribue encore