‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 5 sur 197 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

une décoration à l'opéra; il rime une épigramme leste; il griffonne un conte badin; il fait la lecture k sa mère.

Le respect de sa famille l'empêche de se présenter à la nouvelle cour. Il se respecte trop lui-même pour se dépenser dans les salons où les mœurs du bel air et les scandales élégants de la Régence ne sont point de son goût.

Il ne se dissipe pas, il est même un peu sauvage. Sa mère l'appelle son philosophe et nous trace un peu de sa vie dans la gazette ténue qu'elle envoie à la recluse de Saint-Cvr avec l'espoir de l'amuser dans l'intervalle d'un assoupissement ^ Le tableau qu'elle trace a des ombres : par paquets elle lui fait part des accidents et des morts. Parfois la tristesse la gagne à cause de l'incertitude où l'on vit.

« Ce qui nous rend sans 7'essources, c'est que nous sommes un nombre de gens, honnêtes gens à la vérité, pleins de pj'obité, d'honneur, mais de la vieille cour, mais bons à

rien- Tout le monde, au moins celui que je vois, est dans

un état si souffrant que la vie en devient triste de plus en plus^ Vous n avez jamais vu et vous ne sauriez vous V imaginer l'extrémité où Von est; on ne peut tirer un sou de personne. On n'est occupé que de la disette d'argent qui redouble tous les jours. Personne ne paye et, dans peu, je serai réduite à vivre du lait de ma vache et des œufs de mes poules. Le pain est pourtant à bon marché, mais rien n'est si cher que largenl''. »

son affection sur son fils aîné, avec lequel il entretint une correspondance dont il ne reste que quelques fragments publiés par E. et J. de Goncolrt « Portraits contemporains. »

1. Mme de Maintenon reçut à Saint-Cyr la visite du duc d'Orléans qui lui offrit tout ce qu'elle pouvait souhaiter pour elle et pour sa famille; elle se borna à le prier de donner, après sa mort, une de ses pensions à sa nièce. La dernière fois où cette femme célèbre paraît sur la scène, c'est pour assurer à Mme de Caylus un peu d'aisance. Cf. « Suite de mémoires et réflexions du comte de Caylus. » Rouquette, Paris, d874.

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