‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 6 sur 197 · Lettre LXXIII, p · texte numérisé non relu

Lettre LXXIII, p

INTRODUCTION Vil

Dans ce tableau, sa vie intime avec son fils fait une tache de lumière.

« Mon habitation est commode, jolie, solitaire. J'entends dès le matin le chant des coqs et le son des cloches de plusieurs petits couvens qui invitent à prier Dieu^. Mon petit jardin est à peu près grand comme deux fois votre petite chambre de Saint-Ci/r, cependant il y a deux cabinets extrêmement couverts, des palissades, des chasselas, des légumes, des fleurs, j'ai une écurie que je n embarrasserai pas sitôt de

mes équipages Je suis fort bien ici; je ne perds pas un

Trayon de soleil ni un mot des vêpres d'un séminaire où les femmes n'entrent point : c'est ainsi que toute la vie est mêlée ; d'un côté le Luxembourg, de Vautre les louanges de Dieu^.... Je laisse à mon fils la liberté d'être seul tant qu'il veut : je suis bien aise le soir, quand la compagnie est sortie, de le retrouver. Toutes les vertus morales sont dans ce garçon, à la réserve de la piété qu'il faut espérer toujours : en attendant cest une compagnie fort aimable que j'ai avec moi'\ Ses jnœurs sont si bonnes et ses intentions si droites! Tant de vérité et d' éloigne ment du mal me persuadent que Dieu le touchera''.... Je dîne, je soupe seule ou avec mon fils. Pour l ordinaire, après mon dîner, mon fils et moi nous jouons ensemble au trictrac; je cause avec lui, je travaille, il me fait la lecture ; sur les quatre ou cinq heures, il me vient du monde, quelquefois trop; à huit heurtes, tout part. Je demeure seule dans ma solitude. J'ai retenu une fois Mme de Barnaval et M. d'Auxerre, plus pour mon fils que pour moi : il est si assidu à me tenir compagnie, je citais qu'il lui est si bon qu'il s'en fasse une habitude, que j'ai grand soin qu'il ne s'ennuie pas trop^. Je suis contente

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