Lettre LVIII, p
VIll INTRODUCTION
de mon fils aîné, cest un honnête homme et un aimable amiK ))
Pendant une retraite à Sens la marquise adresse à son fils des billets où elle épanche maternellement des sentiments d'amie.
« Tenez lieu de pèî^eà votre frère et d'ami a votre mère; soulagez-moi dans mes peines: elles sont plus grandes à cet égard que vous pouvez vous l imaginer. J'espère quelque
jour vous faire voir combien je vous aime et vous estime
Vous avez du courage, de l'esprit et des ressources dans
l'esprit, servez-vous-en Vous êtes toute ma consolation;
comme vous êtes tout ce qui me touche à Paris, faites en sorte qu'il ne me revienne rien qui trouble ma paix- »
Du couvent de Sens où elle coule une existence doucement uniforme dans la compagnie de sa sœur et de son clavecin, au milieu des religieuses, dont la vie est une enfance continuelle, la marquise engage son fils à fournir ces malheureuses d'un jeu de récréation. Elle lui destine des confitures, lui demande des détails sur les fêtes qu'il prépare pour le mariage du duc de Brissac; elle attend avec impatience les idées qu'il lui donnera pour un lit de toile peinte destiné à une jeune beauté, car lune et l'autre méritent l'avis d'un homme de goût comme lui. Elle est ravie de ce que son cher philosophe voie souvent sa singulière cousine qui est très propre à donner de la pâture à son imagination; elle ne s'informe que du duc de Villeroy, de M. de Retz et du cher abbé Gonti. Puis, comme elle meurt d'envie de le voir, elle l'invite à se rendre à Sens où elle lui offre le dehors du couvent et la fonction de maître de musique.
« J'irois souper et dîner avec vous, vous seriez seul tant