‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 8 sur 197 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

quil VOUS plairait et vous trouveriez aussi de la compagnie au parloir quand vous en voudriez^. »

De Régennes^ la maison de campagne de l'évêque d'Auxerre, protecteur des jansénistes, la marquise trace de délicats pastels de paysage qui devaient captiver son fils et le soustraire à l'air renfermé des ateliers de Paris, mais elle n'a garde d'insister, soit parce que son affection maternelle est dépouillée de tout égoïsme, soit parce qu'elle respecte le travail dont il occupe ses loisirs. Ils ont causé si souvent dans l'intimité de la pièce close, l'échange de leurs idées et de leur goût est si intense, que la mère peut affirmer : « Vous savez ce que je pense sur tous les chapitres, mais vous ne sauriez savoir à quel point je vous aime^. »

Quelques réflexions du jeune comte, notées dans le laps de temps entre 1717 et 1726, témoignent que la confiance de la mère dans la sagesse de son philosophe n'est pas le fruit de l'aveuglement.

« Je n'ai jamais eu de dégoût dans le monde^ parce que je n'ai point cherché à y avoir des agrémens. J'ai pris ceux qui se sont présentés sans les chercher et sans m'y attacher.

Né vertueux, faime la vertu : je ne me refuse aucune idée.

Jamais je n ai discuté sur les religions et sur les goûts. Etes-vous honnête homme? tout est bon.

Paris est une ville charmante à beaucoup d'égards; mais ce qui redouble à mon sens les agrémens de la vie quon y mène, c'est que la nation française légère produit fort peu de gens sombres et très peu d'atrabilaires. Un vaudeville soulage en un moment tout Paris. Tous ceux que l'on rencontre sont gaillards^ animés, empressés ; rien ne languit en eux. Quelle est la cause de cette aimable vivacité?

i. Lettre LXXXIX, p. 307.

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