‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 70 sur 197 · V. Introduction · texte numérisé non relu

V. Introduction

ni bonne, non plus qu'un vieux château de briques sans aucun flanc. Le régiment de Douan', blanc doublé de rouge et les boutonnières de même. La rivière porte bateau, on la passe sur un pont défendu par un ouvrage de terre. L'on voit de cette ville les montagnes de Bresse et de Bergame. Il y a un petit hôpital assez joli. Je n'ai pu entendre ce que le mot de Quid, en gros caractères, écrit sur un morceau de marbre, vouloit dire.

PLAISANCE. — Par un assez beau chemin, nous vînmes coucher à Plaisance, c'est-à-dire, nous fîmes douze milles sur le grand chemin de Crémone qui est très beau, mais trois milles que nous fîmes pour arriver à Suzzara, premières maisons de Testât de Parme, doivent estre très mauvais par un temps de pluye. De là jusques à Plaisance, il V a cinq milles, l'on est obligé, pour y arriver, de passer le Pô à la traille. Il n'est pas si large qu'auprès de Pavie. La ville est riante; la largeur de ses rues, sa propreté en font Tunique beauté. Elle est assez grande. Le duc de Parme ^ y fait sa résidence, Thiver. Il y estoit dans une masse assez informe de bâtiment peu avancé, qui ne me donna aucune curiosité d'y entrer. Quelques échantillons de seigneurs et dames de la cour, çà et là errant dans les rues, nous empêchèrent de voir la cour, quoyque le prince aime fort les François. On ne parloit pas beaucoup dans le pays de la reine d'Espagne^. Nous logeâmes à « St-Marc, » assez bon. Nous vîmes sur la place, qui est assez irrégulière, un vieux château ancien, sans nulle ])eauté, devant lequel Ton voit deux statues équestres de bronze sur des piédestaux de

1. Le manuscrit donne Douan au lieu de Daun, W. Ph. L. comte de Daun (1669 1741). envahit, en 1707, le royaume de Naples à la tête des troupes impériales. Deux fois, il fut chargé de gouverner sa conquête. Il fut nommé feld-maréchal en Lombardie, mais il ne put s'y maintenir lorsque l'armée franco-sarde y pénétra, en 1733.

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