‹ Voyage d'ItalieChapitre 108 sur 120 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

tions rares. Tous ces détails échappent à ma mémoire; du reste, ils se trouvent indiqués dans tous les guides des voyageurs. La galerie de tableaux qui appartient à cette fondation est peu nombreuse et assez mélangée (i). Elle ne renferme de vraiment remarquable qu'un carton de Raphaël qui paraît être la première idée de \ École d'Athènes telle que cet inimitable artiste la conçut pour la reproduire avec toute la magie de son coloris au palais du Vatican. Quelques Léonard de Vinci, plusieurs Luini, dont un, entre autres, représentant une tête de femme, qu'on dit être le portrait de cette jeune Béatrlx d'Esté, qui repose à Pavie, méritent l'attention (2).

Mais si j'avais à choisir parmi les trésors du musée de Brera, je prendrais sans hésiter \Agar du Guerchin et la Danse des Amours

(i) Rien n'a été changé à l'ùrdonnance de ce musée depuis 1827.

(2) Cette tête (de profil} est de Léonard de Vinci.

de l'Albane (i); l'un est un drame, l'autre une idylle. Toutes les passions, tous les âges et toutes les sfrâces sont là. La galerie doit ces deux chefs-d'œuvre, ainsi que beaucoup d'autres, à la munificence du vice-roi Eugène. Il faut en convenir, cette dynastie, qu'on cherche vainement à rabaisser, a laissé partout des traces immortelles de son passage, et nulle part l'ombre de Napoléon n'apparaît plus majestueusement qu'à Milan. Cette magnifique route du Simplon, création gigantesque qui surpasse en beauté tous les ouvrages des anciens, cet arc de triomphe en marbre blanc qui vient la terminer et dont le plan somptueux eût effrayé tout autre que lui, ce cirque qui dans ses vastes proportions offre un modèle et une copie parfaite des arènes antiques, et dont les colonnes de granit rose unissent l'élégance des temps modernes au style noble et sévère

(i) Ici la comtesse est bien de son temps.

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