‹ Voyage d'ItalieChapitre 109 sur 120 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

des siècles historiques; tout parlera à la postérité la plus reculée de ce vaste génie qui n'a dédaigné aucun genre de gloire. — J'allai au palais ducal pour vérifier ce qu'on a publié sur les changements faits aux plafonds peints par Appiani. Je les trouvai intacts, et l'image de Napoléon n'a point été remplacée par celle du grand-duc, ainsi qu'on s'est amusé à le faire croire. La plus belle de toutes ces peintures est celle qui représente l'Empereur en Jupiter assis sur une espèce de trône d'or porté par quatre Victoires, tandis que les nations vaincues viennent lui offrir les différentes couronnes des monarchies qu'il a subjuguées. 11 les regarde dédaigneusement , et son bras puissant, étendu pour les recevoir, semble avoir déposé la foudre, afin de distribuer autour de lui ces vains insignes d'une grandeur qui n'a pu lutter contre l'ascendant du génie joint à la force. Tel était Napoléon lorsque l'Italie le vit pour la dernière fois, et cette

image d'une gloire qui devait être passagère, tout en devenant immortelle , est restée là pour servir de leçon et d'adieu (i). Pleins de ces souvenirs, nous allâmes à la Monza voir la couronne de fer, munis d'une autorisation indispensable de l'archiduc, mais qu'on obtient facilement. La Monza sert de résidence au souverain pendant l'été. On dit que le vice-roi Eugène a prodigieusement étendu et embelli le parc. Nous n'eûmes pas le temps de le visiter, car on nous retint pendant longtemps dans les jardins, qui sont loin de mériter l'attention des voyageurs de bon goût. C'est encore une de ces imitations des jardins anglai.squi offrent à chaque pas des petits rochers,, des petites cascades, des petits ponts. Malheureusement, nous avions rencontré plusieurs bandes de curieux , et le custode ne voulut nous faire grâce de rien. J'étais fatiguée et

(i) On retrouve ici le bel enthousiasme que la comtesse n'a cessé d'avoir pour Napoléon.

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