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CHAPITRE XIX

Une partie des derniers moments que nous passâmes à Milan fut employée à courir les marchands d'antiquités et de tableaux ; nous fîmes plusieurs acquisitions.

Nous arrivâmes à Brescia d'assez bonne heure pour visiter toutes les curiosités réunies dans cette ville. On commença par nous mener chez le général Lechi (i), pour y voir sa galerie de tableaux, qui jouit d'une sorte de célébrité. J'avoue que je m'attendais à mieux, et que mes yeux encore pleins de tous les chefsd'œuvre de l'art furent peu satisfaits. Peutêtre, si j'étais entrée en Italie par ce côté-là, eussé-je été moins difficile! Hors deux têtes du Corrège et un vSalvator Rosa, rien ne peut être envié.

(i) Cette galerie de tableaux fut fondée par le comte Faustin Lechi, mort en 1800. Le général Théodore Lechi, dont probablement il est question ici, était l'un des di.\neuf enfants du comte Faustin. Voir sur lui : le Général Théodore Lechi de Brescia et sa famille, par le baron Lumbroso (^Brochure in-S". Turin, Roux, éditeur, 1898.)

2c8 VOYAGE D'ITALIE.

Le temple antique nouvellement découvert dans le faubourg de Bresciaest du temps de la décadence. Ce que j'admirai le plus, c'est l'usage qu'on en veut faire. 11 va être rebâti et restauré pour servir de musée aux antiquités qu'on ne cesse de découvrir toutes les fois que le hasard ou la nécessité force les habitants à creuser cette terre classique.

De Brescia nous allâmes d'une traite à Vérone, oii nous arrivâmes au point du jour. Après quelques heures de repos, nous demandâmes un guide pour aller voir le fameux amphithéâtre, qui ne peut être comparé au Colisée. C'est encore une de ces constructions du Bas-Empire qui , tout en imitant l'ordonnance et l'architecture des édifices antiques, n'ont ni cette noblesse, ni cette correction, ni cette élégance dont ils furent le modèle.

Du reste , cette ville offre peu d'objets dignes d'être mentionnés, si ce n'est le sou-

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