‹ Voyage d'ItalieChapitre 13 sur 120 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l'italien et se contentant de faire des signes d'approbation à tout ce que disait sa femme. Ils nous emmenèrent chez eux, nous firent les honneurs de Bologne de la manière la plus aimable et nous montrèrent tout ce que cette ville ofïre de remarquable.

Plus je vis la marquise, plus je m'aperçus qu'elle était de celles qui ne riront qu'au dernier jour; cependant elle finit par en vouloir moins aux ennemis de sa famille, et par montrer quelque mansuétude, à l'exemple de sa mère.

Quant au marquis, la première impression passée, c'est un excellent homme, adorant ses enfants, admirant sa femme et lui laissant le soin de rétablir une fortune considérablement compromise.

Il y a des voyageurs qui disent que Bologne est au moyen âge ce que Pompéi est à l'antiquité. Je suis d'un avis contraire, et je n'ai vu à Bologne que des monuments remis à

neuf. L'église de San Petronio, n'étant point achevée , a échappé à cette profanation ; on s'est contenté de la bien repeindre à l'intérieur et de nettoyer le méridien que Cassini a tracé sur le pavement de ce temple vers 1655. Je ne pus échapper à une visite au célèbre abbé Mezzofante (i); je n'y mis pas beaucoup d'empressement, je me défie des savants de profession ; ils sont pour la plupart ou pédants ou ennuyeux. Celui-ci me fît de plus l'effet d'un Tartufe. Il avait des airs mielleux, il était plein de fausse humilité et rapportait à la Providence le don des langues qu'il possédait, prétendant être en cela semblable aux saints apôtres. Il ne cessa [de me parler polonais d'une façon très correcte, m'assurant qu'il pouvait s'exprimer ainsi dans les trente-deux langues qui lui sont connues. Cependant, lorsque je le priai de m'écrire en arabe le nom de

(i) Plus tard cardinal. On l'avait surnommé la Pentecôte vivante.

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