‹ Voyage d'ItalieChapitre 14 sur 120 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ma fille, il fit de vaines tentatives, manqua de papier et ne m'apporta sa traduction que le lendemain. Avec un bon dictionnaire j'en aurais fait tout autant.

La bibliothèque de ce polyglotte est vaste, sans être belle; je ne sais si elle contient des ouvrages précieux, car notre abbé, tout occupé de se montrer lui-même, ne nous fit rien voir de très remarquable.

Je ne trouvai à Bologne qu'un vieil édifice, appelé la Mercanzia, qui valût la peine d'être dessiné; le bâtiment, d'un joli gothique, sert momentanément de dépôt aux marchandises (i). Ce fut ce jour-là que je me promis de ne plus faire de croquis dans les rues, une foule de manants s'étant assemblés autour de moi afin de me questionner assez grossièrement sur ce que je faisais là. Des officiers étant venus à

(i) M Bel exemplaire d'une construction en briques (malheureusement recouverte au badigeon dès les temps modernes . » Burckhardt, Cicérone.

passer, je les priai de me tirer d'embarras; mais ils s'excusèrent, alléguant la difficulté de se faire écouter des Bolonais, qui paraissent effectivement ne pas aimer les remontrances. Par bonheur, la maîtresse de la maison contre laquelle j'étais adossée, voyant ma détresse, descendit de son troisième et vint me chercher au milieu de la foule, qui nous fit une conduite très bruyante et s'amusa à nos dépens.

Après avoir passé quatre jours à Bologne, nous partîmes pour Florence; nous avions de lourdes voitures, et il nous fallut trente heures pour faire ce trajet, à cause du passage des montaofnes.

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