CHAPITRE III
présenté comme Ya^ni de la maison. Tout ce manège me mit dans une très fausse position. Mon oncle, qui avait de l'esprit, sentit la nécessité d'une diversion. Il nous montra d'abord toute sa maison et finit par nous mener chez sa fille cadette, qui était malade et gardait le lit, — ce qui n'empêcha pas les hommes d'entrer, sur l'invitation pressante qu'on leur en fit. Nous trouvâmes une jolie personne de seize ans, couchée bien gentiment dans un petit lit à nœuds de rubans couleur de rose et n'ayant nullement l'air effarouchée de la venue de mes compagnons de voyage.
Je m'échappai le plus tôt qu'il me fut pos sible de cette maison, heureuse de n'avoir pas commis l'imprudence de mener ma fille dans un lieu où je comptais bien ne plus revenir qu'aux heures oii je serais certaine de trouver mon oncle seul. Ces circonstances semblaient
devoir détruire l'agrément que je me promettais de mon séjour à Florence, mais un événement auquel j'étais loin de m'attendre aplanit toutes les difficultés. Au bout de quelques jours, mon oncle, qui venait me voir tous les soirs, m'annonça, non sans embarras, qu'il partait pour Monte-Rotondo, campagne qu'il possédait près de Livourne. Il n'était pas difficile de deviner le vrai motif de ce déplacement; on voulait éloigner de moi un homme dont la faiblesse assurait la dépendance complète. Je ne fis rien pour le détourner de ce voyage; à mon avis, il faut laisser les gens être heureux à leur manière. Ils partirent donc, et la chère amie, croyant se venger de ma froideur, me tira d'un orrand embarras.
Je pus ainsi consacrer mon temps à visiter tout à mon aise les richesses de Florence. L'art de la sculpture est cultivé en cette