‹ Voyage d'ItalieChapitre 35 sur 120 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

en\ie de remplacer son cadet, cependant il le faut bien, et le voilà qui part en sautillant.

Au second acte, la scène change; l'œil parcourt sans obstacle un vaste pays, à travers lequel passent tantôt une cavalerie bien montée, tantôt une courageuse infanterie qui en vient aux mains avec les Maures infidèles ; on ne sait trop ce qu'ils font là entre des hussards et des voltigeurs, mais enfin ils y sont, et le malheureux Cassandrino aussi. Le pauvre bourgeois, toujours en habit brodé, est obligé de se mesurer en un combat singulier avec un officier barbaresque. On le voit bientôt vaincu, terrassé, prêt à recevoir le coup mortel, lorsque son jeune fils accourt une lance à la main et tue l'ennemi de son père.

Le dieu Mars, qui se mêle de toute chose, charmé de la valeur du jeune paladin, descend des cieux sur un char d'or et de rubis et enlève le petit héros pour le présenter à Jupiter.

Le Cassandrino regarde bouche bée cette

brillante apothéose ; il ne sait trop où il en est, de nouvelles angoisses s'emparent de son cœur paternel, il réfléchit quelque temps et finit par se rendre chez la sibylle, sa voisine, afin d'apprendre quel sort est réservé à son cadet. Il frappe longtemps à l'entrée de la grotte mystérieuse, enfin la sibylle apparaît et, reconnaissant le bon citadin, lui fait l'accueil le plus amical. La conversation s'engage, Cassandrino expose de la manière la plus touchante les glorieuses perplexités où le jette la faveur des dieux. La sibylle l'écoute attentivement, elle semble fort affectée de ses peines et lui promet de le conduire dans l'Olympe.

Ils partent ensemble, traversent des terres inconnues ; le pauvre bourgeois se plaint de la fatigue, il n'a guère voyagé et n'aime pas les mauvais chemins.

Au troisième acte, on arrive aux confins du Tartare, l'aspect en est très désagréable; les gens qui peuplent ce lieu et qui vomissent des

Page 1