‹ Voyage d'ItalieChapitre 4 sur 120 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

seule chose qui ait jamais passé mon attente. Je restais à ma fenêtre, contemplant l'Adriatique sans me lasser (i).

Trieste ne peut être intéressante que pour ceux qui, comme nous, y ont vu quelque personnage, car la ville n'offre pas grand attrait. Nous rencontrâmes Caroline, l'une des sœurs de Napoléon.

Elle habitait en 1826 une joUe maison de campagne attenant à la ville. Cette charmante villa s'appelait Campo Mars ; la reine l'avait achetée d'un marchand de Trieste et l'avait arrangée avec un 2:oût infini. Le soin et l'activité qu'elle apportait à diriger les travaux de cette petite propriété semblaient lui avoir fait oublier qu'elle avait jadis possédé le plus beau

(i) La comtesse aimait passionnément la mer ; dans ses lettres intimes, qui seront peut-être publiées un jour, elle dit à la comtesse Sophie Wodzicka, l'une de ses plus fidèles correspondantes : « Comment, ma très chère, vous restez là à regarder cette furieuse^ si belle dans ses accès de colère! » Lettre du 9 octobre 1853.

des royaumes. Une allée plantée de vigne — à l'italienne — aboutissait à une petite tonnelle (]ui avait vue sur la mer et donnait sur la route fort animée; c'est laque nous passions les heures de la soirée, si belles sous le ciel d'Italie ; c'est là que j'entendis les anecdotes que je vais raconter.

La cascine, d'une architecture irréprochable, contenait, à part l'élégant appartement de la reine , un grand salon consacré aux souvenirs. Un magnifique portrait de Murât à cheval en faisait le principal ornement; Caroline ne montrait jamais ce salon, où se trouvaient réunis les portraits de toute la famille, bustes de marbre ou peintures. Le général (Macdonald) seul en faisait les honneurs.

Il n'était pas facile de s'assurer si une visite pourrait être agréable à la reine, et l'on ne savait comment s'y prendre pour ne point manquer à l'étiquette , unique bien des rois déchus ; j'engageai mon mari à venir avec moi

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