‹ Voyage d'ItalieChapitre 43 sur 120 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

et des formes aériennes de la jeune fille. Elle s'approcha doucement des rideaux de son lit et, lui jetant un triste regard, elle posa à ses pieds les roses voilées qu'elle tenait à la main. Littleton frémit sans cesser de la regarder.

— Blanche! s'écria-t-il, est-ce bien toi?

Mais un sourire mélancolique fut la seule réponse qu'il obtint , et aussitôt un nuage léger enveloppa l'image qu'il avait contemplée, ne laissant de la vision céleste que le parfum des fleurs.

Eperdu, Littleton se précipite hors de son lit; mille sentiments nouveaux s'emparent de son âme. Le remords et l'amour s'éveillent à la fois dans ce cœur glacé. Il court à l'appartement de sa mère, et lui ayant révélé tout, il s'apprête à partir; c'était le seul remède qui pût calmer l'agitation de ses sens.

Ne trouvant pas à Falmouth de bâtiment prêt à partir, il s'embarqua sur une felouque qui, plus d'une fois, risqua d'être engloutie

8o VOYAGE D'ITALIE.

dans les flots. Aucun danger ne put l'intimider.

Enfin, le neuvième jour, à onze heures du soir, il atteignit Cadix ; il vola vers la maison de dona Olivia. La lune éclairait le ciel. Il reconnut de loin la fenêtre d'où Blanche lui avait jeté les roses. Il remarqua que la jalousie était levée. Ce léger incident fit sur lui un effet si inattendu qu'il fut obligé de s'asseoir sur un banc pour reprendre ses esprits.

Une femme vint à passer — c'était la vieille concierge de la maison.

Il n'eut pas la force de la questionner. Un froid mortel circulait dans ses veines, et, l'œil fixé sur la mystérieuse fenêtre, il semblait vouloir interroger ce témoin muet... Enfin, minuit sonna, et le son lugubre des cloches retentit. Des jeunes filles assises sur la porte d'une maison voisine se mirent à prier. Littleton entendit distinctement le nom de Blanche de Mendox. Hors de lui, il s'élance vers la

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