‹ Voyage d'ItalieChapitre 49 sur 120 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

des points importants qui troublent la vie des gens. La colonie anglaise s'agite d'une autre façon. Les questions de préséance sont ses plus graves occupations.

On ne saurait remarquer sans surprise que tant de petits sentiments et de petites pensées puissent naître à Rome, au milieu de si grands souvenirs.

La journée d'hier a fait bien des jaloux ! 11 y avait des tableaux vivants chez la comtesse de AA'estmoreland (i) ; fort peu d'x\nglais avaient été admis à cette fête. La maîtresse de la maison , aux yeux de bien des gens , passe pour un peu folle. Je ne saurais nier, malgré tout le bien que je lui veux, qu'elle ne soit un peu bizarre. Pleine d'ardeur pour ce qu'elle entreprend, ses tableaux sont devenus l'affaire la plus importante de sa vie, elle en rêve la nuit, elle s'en occupe tout le jour; elle

(i) Jeanne, comtesse de Westmoreland , morte en

consulte, faitrépéter, ordonne et contremande. Si, dans la rue, elle rencontre une personne qui réalise son idéal, elle l'arrête sans la connaître et lui impose un rôle. Elle dérobe des enfants pour en faire des Jésus et s'inquiète fort peu de les montrer nus si cela est nécessaire. Avec ce soin et cette passion elle est parvenue à faire des copies vivantes qui étaient réellement admirables, entre autres celle de la Vierge à la Chaise. Les entr'actes sont très longs , d'autant que , pour augmenter l'effet des tableaux , la comtesse imagine de nous laisser dans une obscurité profonde. Les gens qui tenaient à être bien placés s'avançaient à tâtons, heurtant tantôt un cardinal, tantôt un ambassadeur.

7 février.

Nous désirions infiniment connaître la mère de Napoléon : la princesse de Montfort (i) le

(i) La reine Catherine, femme de Jérôme.

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