CHAPITRE XII
du Vatican, le musée de Naples est encore très intéressant. Il renferme une collection unique en son genre : ce sont les bronzes trouvés à Pompéi et les rares fragments arrachés à la lave dont Herculanum est recouverte. Ces restes précieux se distinguent principalement par la beauté des formes et la pureté du dessin. Les ustensiles les plus communs, les meubles les plus recherchés participent de cette élégance indéfinissable que nous imitons en vain. Depuis le broc destiné à porter de l'eau jusqu'à la lampe mystérieuse de l'autel , tout ofîre l'empreinte d'un goût exquis et l'harmonie des proportions, qui est presque toujours outragée par les modernes. Trois salles sont remplies de ces précieux objets. Je manifeste le désir d'en crayonner quelques-uns pour essayer ensuite de les faire exécuter en bronze; mais le conservateur du musée me refuse assez sèchement, — il était clair que ma proposition lui déplut autant
qu'elle le surprit. Il affirma qu'il n'avait pas qualité pour accueillir pareille demande et me dit que, sans une permission spéciale du roi ou, du moins, du premier ministre, il ne pouvait fermer les yeux sur un acte sans antécédents. Force me fut donc de m'adresser à l'ambassadeur de Russie, en dépit de la répugnance que j'éprouvais de devoir ce service à une autorité que tout Polonais se plaît à récuser.
L'amour des arts l'emporta cependant en cette occasion, et j'obtins, grâce à l'intermédiaire du comte de Stackelberg, une permission signée par le premier ministre. Mais, hélas! j'en fus pour mes peines. Je me présentai au musée, mon papier en main, et l'on me répondit que je n'étais autorisée à dessiner que les objets déjà gravés...
Toutes ces richesses sont superflues, on ne voit au musée aucun artiste, aucun copiste, et fort peu d'amateurs.