CHAPITRE XII
Quant aux habitants du pays , ils y sont complètement indifférents. Jamais les Xapolitains ne visitent les musées, ils n'y songent même pas. Le roi et les grands seigneurs ont des garde-meubles entretenus avec soin, à cause de la valeur des objets qu'ils contiennent.
9 avril.
M. Lambton continue à donner des dîners et les fait suivre d'un bal ou d'une représentation dramatique. Les plus indulgents ne pourraient offrir des éloges aux acteurs, mais le zèle des comédiens et le choix des pièces rendent néanmoins ces délassements très agréables. Ce fut à une de ces soirées que je rencontrai la margrave d'Anspach (i); elle y
(i) Elisabeth Berkeley, lady Craven, margrave d'Anspach, née en 1750, morte à Xaples le 13 janvier 182S. Fille du comte de Berkeley, elle épousa en 1767 le comte W. "Craven. dont elle eut sept enfants. En 1791, après
vint pour voir jouer son fils, ce pauvre M. Craven, qu'elle rend si malheureux, tant par ses bizarreries que par l'indigence dans laquelle elle le laisse.
Je la devinai avant même qu'on me l'eût nommée; elle tenait tout à la fois de la vieille héroïne et de la princesse de théâtre. Depuis la mort du margrave elle gardait le deuil, mais elle portait toujours une rose ainsi que la croix d'une décoration que le margrave avait , je crois, inventée pour elle.
Petite, ridée et fort maigre, elle avait l'air d'une momie fardée sous l'épaisse couche de blanc et de rouge dont elle couvrait son vison divorce, elle épousa Charles-Alexandre, margrave d'Anspach, fils de Wilhelmine, princesse royale de Prusse et margrave de Bayreuth, et neveu de Frédéric le Grand. On sait que le margrave eut une liaison avec Mlle Clairon. La margrave d'Anspach a écrit des poésies, des pièces de théâtre , des récits de voyages et des mémoires : Memoirs of the viargravine of Ansbach. Londres, 1825, 2 vol. — Ils ont été traduits en français par Parisot,