CHAPITRE XIII
dans les pa}s chauds, — j'eus l'affreuse inquiétude de voir sa vie en danger! — Un excellent médecin, nommé Quin, la sauva; mais l'état de ses nerfs et sa faiblesse nous forcèrent de rester à Naples quinze jours de plus. Nous manquâmes ainsi les cérémonies de la semaine sainte à Rome.
9 mai.
La malade pouvant déjà se passer de mes soins, je suis allée à Pompéi me reposer des cruelles agitations par lesquelles je venais de passer, et jouir de la plus belle matinée dans le lieu le plus intéressant de la terre.
Rien n'est aussi propre à distraire du présent que la vue de cette ville infortunée ! Tout atteste encore l'horrible catastrophe qui a suspendu les travaux de quelques milliers d'hommes disparus subitement. 11 n'y a de destruc tion que celle du temps et de la nature, moins active que la main de l'homme.
Pour jouir de Pompéi, il faut se bien garder
de subir l'influence des descriptions qu'on en a lues , il ne faut pas s'imaginer qu'on va visiter une ville antique bien conservée, dont on aurait soufflé la poussière. L'aspect de Pompéi est l'aspect d'une ville incendiée; tout ce qui n'était pas marbre, pierre, mosaïque ou bronze a été dévoré par la lave brûlante du Vésuve. Les maisons sont découvertes, les toits enfoncés par le poids des décombres; en un mot, les matières combustibles ont disparu. Il faut beaucoup chercher, souvent même deviner^ pour bien comprendre. C'est un plan tracé légèrement, sans toutes les indications, et dont on se plaît à retrouver l'ensemble.
Ce travail a un charme infini, on se transporte volontiers dans un passé de gloire et de grandeur où d'autres idées, d'autres usages, d'autres générations ont éprouvé les mêmes douleurs, les mêmes espérances, les mêmes joies , pour ensuite disparaître comme nous disparaîtrons un jour , sans toutefois laisser