‹ Voyage d'ItalieChapitre 83 sur 120 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

triomphante, bien plus qu'une marche sainte. Le pape sort et rentre dans le temple au bruit du canon du château Saint-Ange. Bientôt on le voit disparaître sur le balcon de l'église, et là, d'une main paternelle, il bénit majestueusement les cinq parties du monde qui lui sont tributaires. Tous se prosternent à ce moment devant le roi des rois, et la grandeur du spectacle est en harmonie avec le sentiment qu'on éprouve. Aussitôt que le pape a disparu, la foule rentre dans ses droits et la confusion commence. Les galeries sont bientôt désertes, la place est encombrée, les voitures roulent, tout est en mouvement, et, en peu d'instants, de l'immense population qui remplissait les avenues du Vatican, il ne reste que la tranquille et immobile magnificence de ces immortels édifices.

16 juin.

Le prince Jérôme, ayant obtenu la permission de voir le musée aux flambeaux, voulut

bien nous faire partager cette faveur réservée aux grands de ce monde. Ces salles immenses, éclairées par la vive lueur d'un foyer de lumière qu'on promène avec art, produisent un effet magique. Le silence et l'obscurité ajoutent encore à la vaste magnificence de ce sanctuaire des arts où, à chaque pas, on découvre des richesses nouvelles. Il nous fallut trois heures pour parcourir les galeries. Dans la partie nouvelle, appelée musée Chiaramonti, l'admirable statue de Démosthène apparaît aux regards, tel que l'orateur devait être lorsqu'il venait haranguer le peuple. Cette sculpture grecque est d'une beauté parfaite, l'art ne peut aller au delà, l'artiste lui a donné la vie et la pensée. On voit plus d'un chef-d'œuvre dans la même galerie destinée aux fragments ; on montre une statue de femme, à laquelle il manque les bras et la tête. Aucun artiste moderne n'a osé entreprendre de restaurer ce précieux reste d'une admirable beauté. Je crois

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