FIN DU SÉJOUR DE ROME
La bibliothèque du \'atican. — Les lettres de Henri VIII à Anne de Bolejn. — Lady Stanhope. — Villa Paolina. — La Saint-Pierre. — Illumination. — Départ.
i8 juin.
La première fois que j'avais été à la bibliothèque du Vatican , le bibliothécaire était absent, et l'on ne montrait aux étrangers aucun des manuscrits précieux dont cette collection abonde. Nous demandâmes donc et obtînmes un dédommagement. Parmi les objets qu'on mit sous nos yeux, je remarquai principalement un manuscrit de \ Enfer et du Paradis^ de Dante, orné des plus belles peintures. On y voit Béatrix , en robe verte , guidant son
amant à travers une nuée de chérubins. Toutes ces miniatures sont d'une fraîcheur surprenante; celles de V Enfer, beaucoup mieux dessinées que celles du Paradis^ sont évidemment d'une autre main, je croirais même d'un autre temps.
Je remarquai aussi un petit cahier privé de reliure et dont l'aspect peu soigné aurait pu décourager des amateurs moins passionnés. C'était un recueil des lettres autographes de Henri VIII à Anne de Boleyn, avec les réponses ; toutes ces lettres sont en langue française ; nous en déchiffrâmes quelquesunes; le style en est très élevé, plein d'images et de poésie.
Dans l'une d'elles, le roi compare sa bienaimée au soleil qui vivihe toute la nature par la douce chaleur de ses rayons bienfaisants et dont l'absence porte le néant et la mort. Et il dit qu'une plus longue séparation lui semble impossible à supporter, et qu'à n'importe quel