CHAPITRE XV
et de ce qu'elle appelait so/i aimable caractère. Ces éloges, quelle que soit leur valeur, prenaient leur source dans le cœur de celle qui se plaisait à les donner, mais ils n'ont laissé nulle trace dans ma mémoire.
Combien cette villa me parut inférieure à tout ce que j'avais vu en ce genre à Rome ou dans les environs! C'est Paris naturalisé ^ c'est toujours la chaussée d'Antin. Ces princesses d'autrefois n'ont pu sortir de là. En vovant ce qu'elles ont fait, et en songeant aux millions qu'elles ont prodigués, j'avoue avoir quelquefois envié les ressources que leur offrait le pays dans lequel elles se sont établies. Si Natoline ou Zator (i) s'étaient trouvés aux portes de Rome ou de Naples, je pense que je me serais immortalisée. Le jardin de la villa Paolina est de beaucoup préférable au Casino. On a profité avec habileté et avec goût d'un
(i) Deux châteaux appartenant .^ la comtesse.
i64 VOYAGE D'ITALIE.
fragment des murs qui jadis servaient d'enceinte à la ville. Cette ruine pittoresque, dont les arcades multipliées composent une espèce de galerie à jours, produit l'effet le plus heureux.
Tout était silencieux et triste dans ce séjour naguère si brillant; l'herbe croissait sur les chemins, et les fleurs étaient étouffées par des plantes parasites que personne ne songeait à arracher. Rien ne fait une impression plus mélancolique que cet abandon d'un lieu qui offre encore les traces de toutes les vanités, de toutes les passions auxquelles a succédé le silence de la mort.
30 juin.
Lorsqu'on n'a pu se trouver à Rome pour la fête de Pâques, il est de toute rigueur pour s'en consoler d'y attendre la Saint-Pierre. La pompe des cérémonies religieuses, jointe à ce soleil dans tout son éclat qui prête à ce lieu magnifique une nouvelle splendeur, rend l'as-