GÊNES
Vue générale. — Le palais Doria. — Napoléon à Gênes. — La société génoise. — Influence de Napoléon. — Mme Cheney. — La veuve indienne. — Amour constant.
Après être retournés à Massa pour y passer la nuit, nous partîmes pour Gênes. Le chemin^ devenu fatigant à cause des montagnes, n'offrait plus ces aspects délicieux qui m'avaient enchantée entre Pise et Carrare. Ce n'est qu'en approchant du but de notre voyage et lorsque nous eûmes pris la route qui côtoie les bords de la mer que nous retrouvâmes les paysages classiques de la belle Italie. Cependant le coloris n'était plus le même ! Ce n'était plus ce ciel d'azur et cette mer d'aigue-marine ; quelque chose de pâle et de gris perçait au
travers de l'atmosplicre brûlante du mois de juillet. Gênes devrait servir d'intermédiaire entre l'Allemagne et l'Italie ; c'est un passage de l'idéal au réel, d'une vie d'imagination au bien-être physique. Ce n'est plus le délabrement et la négligence dont on a été choqué dans bien des parties de l'Italie, tout est propre et bien bâti, mais rien n'est pittoresque, et les yeux, encore pleins de l'harmonie d'un coloris indéfinissable et tout particulier au Midi, sont désagréablement frappés à la vue des couleurs éclatantes dont on se sert pour peindre les maisons, très souvent bariolées de rose, de vert, de jaune et d'un certain brun cannelle dont l'effet est odieux. Aux environs , les casins sont tellement rapprochés qu'ils forment une espèce de faubourg verdoyant (i); tout y annonce l'opulence et la richesse d'une ville commerçante.
(i) Saint-Fierre d'.A.rcna.