‹ Voyage d'ItalieChapitre 98 sur 120 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

jeunesse, uniquement occupée de galanterie., est d'une ignorance scandaleuse ; aussi fuitelle les étrangers qui la gênent. Les dames sont moins sauvages; leurs beaux yeux parlent toutes les langues, et d'ailleurs, en ce genre, l'enseignement mutuel n'a jamais été mieux cultivé. J'excepte de ce tableau, peutêtre trop sévère, la famille Brignole ; je trouvai là des personnes très éclairées et parfaitement sociables.

Je revis à Gênes une famille anglaise que j'avais rencontrée à Rome. La mère possédait un talent très remarquable pour la peinture.

Le fils de cette dame dessinait fort joliment le paysage ; il avait été aux Indes pendant plusieurs années et n'était de retour que depuis quelques mois. Son album renfermait des vues peu ou point connues et très intéressantes, entre autres des vues de Sainte-Hélène. S'apercevant que je désirais avoir le tombeau de Napoléon, dessiné d'après nature,

il voulut bien me le donner, ainsi que l'esquisse d'une petite mosquée située dans le royaume de Myssouri. Cette bizarre construction passe dans le pays pour anté-adamite. Les habitants prétendent que les mauvais génies s'amusaient à apporter là ces immenses quartiers de rochers, et qu'ils s'y rassemblaient à certains jours pour célébrer des mystères qu'il n'est point permis de pénétrer. — Ce qui me tentait particulièrement dans ce dessin, c'était le récit qui s'y rattachait. 'SI. Cheney avait vu près de là, l'année d'auparavant, une femme de treize ans, belle comme le jour, se jeter dans les flammes pour suivre l'âme de son mari décédé la veille. Mariée depuis quelques mois, elle éprouvait encore toute la fougue d'un premier amour ; ce fut en vain que son frère, qui l'aimait tendrement et qui dans la fréquentation des Européens avait puisé des notions plus humaines, s'efforçait de la détourner d'un supplice aussi terrible ; entiè-

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