‹ Voyage d'ItalieChapitre 99 sur 120 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

rement soumise à l'influence des brahmines et subjuguée par les terreurs dont son esprit était frappé, elle consentit à se vouer aux flammes.

— Mieux vaut, disait-elle, brûler pendant une heure que toute une éternité.

Le moment du sacrifice fut fixé au lendemain, à cinq heures après midi; un cortège immense, composé de brahmines, de gardes et d'une foule de peuple, se porta vers la maison de la veuve; elle en sortit accompagnée de ses parents ; elle était d'une taille moyenne, mais des formes élégantes, des traits nobles et expressifs lui donnaient un air de dignité que la solennité de la circonstance rendait encore plus remarquable. Ses cheveux flottants étaient ornés de fleurs, et ses regards élevés vers le ciel semblaient perdus dans la contemplation de l'éternité. Elle traversa la ville en semant avec profusion sur son chemin des feuilles de bétel ; arrivée aux bords de la Moatah, elle y fit ses dernières ablutions et

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s'assit sur le rivage. Elle était entourée de ses parents, de quelques amis et des principaux brahmines, à qui elle distribua deux mille roupies et les riches joyaux dont elle était parée, ne conservant que les ornements d'usage , c'est-à-dire un anneau passé dans les narines et un bracelet d'or à chaque poignet ; cette distribution une fois faite, elle se tint dans une attitude de prière et d'invocation, les mains jointes et élevées au-dessus de la tête, tandis que non loin de là, à environ cinquante toises, on dressait le bûcher qui devait la consumer.

Ces préparatifs terminés, elle s'avança, renouvela ses actes de dévotion et se retira un peu de coté pour faire place au corps du défunt, lequel, apporté des bords de la rivière où il avait été déposé, fut mis sur la grille avec une grande quantité de bonbons et de confitures sèches. Après quoi la jeune femme fit trois fois le tour du bûcher, et, se plaçant

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