‹ Voyage d'un amateur en AngleterreChapitre 15 sur 28 · X.'ABBAVB de WESTMINSTER · texte numérisé non relu

X.'ABBAVB de WESTMINSTER

to conquer), fut repréeentée, un journal l'ayant attaqué personnellement de la manière la plus violente, Goldsmith allaaussitôt trouver le directeur, et, aprèa lui avoir reproché son insolence, tomba sur lui à coups de canne. Peu charmé de ce traitement, le folliculaire lui répondit dans le même langage; la lutte devint sérieuse, et Goldsmith reculait, ne sachant pas trop comment finirait la bataille, lorsqu'un nommé Kenrick sortit d'une chambre voisine et sépara les deux antagonistes. Le lendemain, le journal assailli raconta l'expédition de l'auteur avec force injures nouvelles; l'assaillant risposta dans une autre gazette, d'une façon très-digne, et les choses en restèrent là.

Un exemple caractéristique donnera une idée de ses folles dépenses. La réussite d'une comédie antérieure {The good-natured Man), son Histoire romaine et son Histoire d'Angleterre lui ayant procuré environ mille livres sterling, il loua un vaste local au prix de dix mille francs par an, les deux cinquièmes de la somme qu'il venait de recevoir. Aussitôt il achète un mobilier somptueux, où l'on trouvait toute» les petites recherches de Télégance et une volumineuse bibliothèque. Peut-on imaginer une plus enfantine imprudence ?

L'absurdité de cette conduite devait à la longue amener de pernicieux effets. H tomba dans une si grande misère que son âme en fut accablée : il donna tous les signes du désespoir, témoigna un profond dégoût de la vie, et, au milieu de sa douleur, contracta une fièvre nerveuse . Malgré l'opinion des médecins, il voulut prendre une espèce de drogue alors fameuse, entêtement qui fut cause de sa mort. Il comprit lui-même sa déraison, lorsqu'il était trop tard pour le sauver. On déposa ses restes dans le cimetière du Temple. Une souscription permit de lui construire un monument honorifique à Westminster, et Ton y grava une épitaphe de Johnson. Il avait abandonné

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ce inonde le 4 avril 1774, dans «a quarante-cinquième

année.

C'est sans doute par une dérision involontaire que Ton a placé près des poètes un vieux mendiant. Son âge formait son seul titre de gloire; né dans le quinzième siècle, il mourut dans le dix-septième. Il n'avait pas moins de 152 ans, et avait vu dix princes : Edouard IV, Edouard V, Richard III, Henri VII, Henri VIII, Edouard VI, Marie, Elisabeth, Jacques I" et Charles I**. Il se nommait Thomas Parr. Une dalle bleue couvre ses restes.

Westminster est l'endroit où Ton couronne les souverains de la Grande-Bretagne. Ils y ont tous reçu la main c!e justice depuis l'invasion normande. Lorsque Guillaume le Conquérant fut entré dans Londres, après avoir tué Harold à la bataille d'Hastings, il alla s'agenouiller au tombeau d'Edouard le Confesseur, pour le remercier hypocritement de sa victoire. Il fit mieux encore : il voulut être sacré dans l'église même, afin de donner un témoignage plus éclatant de la dévotion que lui inspirait un prince si religieux. Il y convoqua donc, le jour de Noël, une assemblée, où se trouvèrent des Saxons et des Normands. Deux évêques, un de chaque race, parlant chacun son langage, s'adi'essèrent au peuple, et lui demandèrent s'il acceptait Guillaume en qualité de roi. La foule, choisie, préparée avec soin, poussa de grands cris d'adhésion. Lorsque les troupes placées autour de l'église entendirent ces clameurs sauvages, elles se figurèrent que l'on menaçait l'existence de leur duc. Aussitôt, sans plus réfléchir, elles commencent à égorger la multitude et à incendier les maisons prochaines. Le monarque eut besoin de tout son empire, de tous ses efforts, pour suspendre le carnage et arrêter les progrés de la flamme. Voilà bien les soudaines résolutions des peuples barbares !

Les nouveaux rois se placent, depuis Edouard P', dans

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