‹ Voyage d'un amateur en AngleterreChapitre 5 sur 28 · PREFACE. VII · texte numérisé non relu

PREFACE. VII

salles des vieux manoirs, dans les chapelles solitaires, vaguement éclairées par un soleil d'automne, dans le crépuscule des hautes églises, sur les plates-formes de leurs tours et les dalles de leurs galeries ! Entraînés par l'imagination vers une époque lointaine, où nous n'avions pas soufiEert, le monde réel nous intéressait peu ; de doux et nobles fantômes nous suivaient partout, cachant à nos regards la prose de la vie commune, nous dégoûtant des banalités journalières. Une ancienne maison sculptée, à l'angle d'une rue, évoquait en nous mille personnages romanesques, faisait passer mille sentiments au fond de notre cœur.

Mais ces illusions rétrospectives sont comme nos rêves de bonheur; avec quelque force qu'on les embrasse, elles nous échappent toujours et s'enfuient d'une aile légère. Il n'y a de positif, de durable dans le monde^ que les lois et le travail incessant de la nature^ que len besoins, les passions et le travail de l'homme. Le temps est donc venu où se sont évanouies les fictions, les chimères, qui nous faisaient regretter le moyen-âge. Mais les études sur les formes plastiques et littéraires produites par cette époque gardent toute leur valeur. Deux mille ans d'histoire, de luttes^ d'agitations, d'efforts intellectuels, ne peuvent disparaître sans laisser de traces. Les flots, cet emblème de la mobilité, qui occupèrent jadis les continents, y ont imprimé d'ineffaçables vestiges, que l'on'étudieavec une curiosité patiente et minutieuse : comment les débris d'une société, les formes d'une grande civilisation inspireraient-ils le dédain ? Comment

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