‹ Voyage d'un amateur en AngleterreChapitre 6 sur 28 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

les œûirre»d'an art puissaat et les créations éb la poésie cesseraient^elles de nous intéresser? Gominent, par suite, . l'explication en semblerait-elle inutile?

 cet égard, comme à l'égard des recherches politiques, sociales, législatives, le travail, qui s'est fait en Europe pendant cinquante ans^ était d'une nécessité absolue pour rintelligence de l'humanité. Dans la guerre soutenue contre le moyen-âge depuis la Renaissance, on l'avait ilrop abaissé, vilipendé. En le traitant de barbare, on croyah avoir tout dil. Des anciens on passait aux modernes, sans se préoccuper du monde féodal. Une si vaste lacune néanmoins ne pouvait subsister dans les annales de notre espèce. L'âge intermédiaire n'a pas produit uniquement des scènes d'horreur ; l'humanité a fait alors tout ce qu'elle pouvait faire. La civilisation antique avait péri au milieu d'une corruption effroyable ; les hommes employèrent pour construire une nouvelle société les éléments qu'ils avaient entre les mains. On n'en connaissait pas d'autres. Dénier toute valeur^ tout intérêt à une si longue période, n'était ni judicieux ni instructif. Le moyen-âge a kissé de profonds sédiments, où a germé, grandi la société moderne. Il fallait donc revenir sur ses pas, comprendre cette époque^ savoir d'où procèdent la plupart de nos idées, de nos goûts, de nos institutions. Cette œuvre est maintenant accomplie, et on ne saurait mettre en doute que l'esprit humain y ait beaucoup gagné. Nous voyons clair au delà du temps actuel, nous connaissons les faits qui ont engendré le monde où nous vivons.

P££FAG£« IX

Je ii*ai (ione riMi à modifier, rien à supprimer dans les pages Dombcrases toucbant l'art chréticD, que renferme ce Hi^re, que re&ferment aussi mes Études sur r Allemagne, mon Histoire des idées littéraires en France et même mou Histoire de la peinture flamande. Je les réimprime ou les réimprimerai comme elles ont para la première fois. Un monument désert au bord des flots, battu par la tempête et envahi parles pluites sauvages, conserve pour les esprits poétiques un charme éternel. Quand même ce volume ne serait qu'une ruine, j'espère qu'on y trouvera le mélancolique attrait de la nature et des édifices aban« donnés. On y chercherait vainement une ligne de statis* tique; mais on y rencontrera les images, les descriptions, les sentiments, qui flattent les intelligences éprises du bien et du beau. Des idées d'avenir se mêlent partout aux préoccupations de l'histoire^ et soufflent, comme une brise printanière, dans les décombres du passé. Maints chapitres, d'ailleurs, contiennent de dramatiques récits^ des traditions curieuses ou des biographies émouvantes.

Je puis dire que j'ai fait cet ouvrage presque malgré moi. Parti pour l'Angleterre sans autre intention que de voir un pays dont j'aime beaucoup la littérature, dont je connaissais à fond la langue et un peu les annales^ loin de vouloir raconter mon voyage dans une île si souvent explorée, j'avais la ferme intention de ne pas crayonner une note à ce sujet, ayant abhorré toute ma vie les lieux communs. Une fois arrivé, je fus surpris des choses nouvelles que je remarquais, des observations multipliées que me suggéraient les monuments, les hommes et les

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