CHAPITRE XI
lie Paris tiw XYII^ et dit XVIIIe siècles*
Pendant ces deux siècles, les embellissements et les améliorations continuèrent dans Paris. On crée le Jardin-des-Plantes : l’imprimerie royale est établie. L’Académie française est instituée. De nouveaux palais, de nouveaux ponts, de nouvelles églises sont bâties. Maisons religieuses, hôpitaux, théâtres, places publiques, cours plantés d’arbres, tout donne à la ville une physionomie nouvelle. Quoique Louis XIV n’aimât point Paris, et ne l’ait plus habité depuis la Fronde ; quoique Louis XV ait partagé sur ce point les antipathies de son aïeul, au point de faire de longs circuits pour éviter de le traverser, le mouvement donné par les rois leurs prédécesseurs ne s’arrêta point, et jusqu'à la grande date de 1789, Paris continua à voir s'élever dans son sein des monuments nouveaux et des constructions innombrables où l'art moderne déploya toutes ses ressources au service des grands et des li nanciers qui rivalisaient de luxe et de magnificence.
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Le Paris de Louis XIV, déjà immense, s’accrut sous Louis XV du faubourg du Roule, du quartier de la Chaussée-d’Antin et des terrains environnants. Enfin sous Louis XVI, le mur d'octroi qui va être démoli et que fermaient les barrières de Paris, fut la dernière enceinte destinée non plus à une défense militaire, mais aux intérêts du fisc parisien. L’espace occupé était toujours le même que sous le règne précédent ; mais des constructions continuaient dans le sein de la ville et de nouveaux faubourgs s’étendaient au loin dans la campagne.
Disons-le, toutefois, la physionomie de ce nouveau Paris était loin d’offrir la grâce et l’originalité du Paris gothique. C’était un mélange de toutes les formes architecturales, une confusion de styles, effet naturel de la transition dans laquelle les édifices anciens continuaient à se montrer, à côté des constructions nouvelles, sans ordre et sans harmonie. D’ailleurs les embellissements se bornaient aux nouveaux quartiers. On ne songeait point à jeter un peu d’air et de lumière dans les parties de la ville où il y avait excès d’agglomération, et l’ancien Paris demeura ce qu’il- était depuis des siècles une ville aux rues tortueuses, sombres , ?t fétides.