‹ Voyage d'un curieux dans ParisChapitre 12 sur 29 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

lie Paris du XIXe siècle.

C’est dans ces derniers temps que l’édilité parisienne a compris l’importance de donner à la grande cité Pair dont elle était privée, au moyen de rues larges et de places nouvelles. Outre l’avantage stratégique de rendre Paris moins propre aux soulèvements populaires si faciles dans des quartiers aux rues étroites et tortueuses, on a gagné de démolir des maisons sans nombre, basses et mal éclairées, qui pouvaient devenir à l’époque des épidémies, des foyers de contagion. C’est là sans contredit un immense bienfait. Chaque règne a contribué depuis cinquante ans à ce résultat heureux. Mais c’est surtout depuis 1852 que la reconstruction en quelque sorte du vieux Paris à donné à cette capitale une physionomie nouvelle.

L’immense largeur des rues en général et en particulier de ces grandes rues plantées que nous, appelons des boulevards, est une précieuse innovation. L'on construit évidemment dans la prévision que la ville de

de Paris s’étendant avant peu jusqu’à son enceinte fortifiée, exigera de larges voies de communication pour les deux ou trois millions d’hommes, qu’elle est appelée à contenir peut-être avant la fin de ce siècle.

Les changements apportés au vieux Paris sont tels, que ceux qui l’ont habité il y a quelques années sont tentés de se croire dans une ville inconnue. Lorsque retenant le visiter depuis les constructions nouvelles, ils se trouvent dans des quartiers brillants et aérés, élevés comme par la baguette des fées, à la place des quartiers sombres et malsains où ils avaient séjourné autrefois.

Paris prend à ces reconstructions l’unité perdue depuis le moyen-âge, et quelque soit le caprice des architectes dans l’ornementation extérieure , quelque mauvais goût souvent qui préside aux détails des façades, l’ensemble des maisons présente assez de traits de ressemblance pour que l’œil ne soit plus choqué du mélange incohérent et bizarre de constructions disparates. 11 faut reconnaître que les rues gagnent en monotonie ce qu’elles perdent en originalité. Mais l’œil de l’homme aime l’ordre, la proportion, conditions rigoureuses de l’harmonie.

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