‹ Voyage d'un économiste en ItalieChapitre 16 sur 48 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

TIVOU

L’homme absurde est celui qui ne change jamais.

Dieu merci, nous avons de l’esprit. Des libertins vont à l’église, et que de femmes par moments se rajeunissent! Il n’y a que quatre ans, Pierre était mécontent. La forme du gouvernement existant alors lui déplaisait autant qu’il l’avait admirée naguère. Une révolution s’accomplit, il est d’abord enchanté; mais bientôt la constitution qu’il avait acclamée ne lui paraît plus assez libérale. A la souveraineté des assemblées succède enfin la souveraineté du prince, et il trouve qu’il devrait seulement se faire mieux obéir. Il lui reproche surtout de s’entourer de conseils. Si l’ennui naît de l’uniformité , c’est l’homme le plus heureux : rien ne lui manque. Après avoir attaqué les fonctionnaires et les traitements, il est fonctionnaire et prend sa part du budget. Ayant de nombreuses années méprisé la vie publique et privée des hommes et des familles les plus corn» sidérables, il fait maintenant pour tous profession d’indulgence. L’heureux homme!

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