UN MAGASIN DE LA RUE DEL BABBUINO. MU
la noblesse. Rentrant un jour du magasin de la rue del Babbuino, je pensais à son envie s’il lisait la page où Swift décide, par le nom qu’elle porte, des quartiers qu’avait déjà la famille des abeilles sous l’Ancien Testament; mais on vint m’annoncer le dîner. Car, durant mon séjour à Rome, je dînais à table d’hôte, bien qu’il soit habituel d'avoir eu son carrosse et son palais au Corso, lorsqu’on revient de cette ville.
Ce jour-là mes convives dissertèrent de politique et m’offrirent une classification intéressante à faire. Une voix sonore, un air satisfait, un manifeste orgueil en nommant son pays, indiquaient infailliblement le citoyen d’un Etat libre. Le sujet d’un gouvernement absolu se révélait, au contraire, lorsqu’il rappelait sa nation, par un accent plus timide et un contentement moins marqué. Je ne pensais pas alors à cette parole de La Bruyère : Il n’y a point de patrie dans le despotisme ; mais ce me fut une justification de cette remarque d’un de nos écrivains modernes , sur l'état de la France d’il y a déjà plusieurs années : L’amour de la patrie, inséparable de l’orgueil de la patrie (car on n’aime que la patrie dont on s’honore), se fortifiait par la pensée du grand rôle que la France, paisible et libre, avait alors en Europe '. J’ai vraiment été à Rome plus heureux qu’IIoraeio 1 2 .
1 M. Villemain, Souvenirs contemporains d’histoire et de littérature.
* llamlet.
ROME