CHAPITRE U
DE NICE A NAPLES
Presque en quittant Nice, je suis’arrivé sur la Cor” niche, qu’une affiche nomme la route la plus aimable et l’une des plus fameuses de l’Europe. Ses ondulations infinies sur des rochers à pic, dont la base est battue par la mer, sont loin toutefois de l’égaler à la nouvelle voie qui réunit, dans de semblables conditions, Castellamare à Sorrente. Les réputations ne sont pas toujours méritées ni les affiches exactes, et la Corniche, de Nice à Gènes, n’offre que les souvenirs de Savone.
— C’est grand comme le peuple! me dit mon voisin, la première fois que des fenêtres de notre coupé nous aperçûmes la Méditerranée. Quel spectacle !
— Il change incessamment, répondis-je.
— Regardez, monsieur, continua-t-il en se tournant vers notre compagnon commun, n’est-ce pas la majesté populaire?
— Je n’en sais rien, répliqua celui-ci.
— Vous êtes admirables! reprit mon voisin 5 qui déjà n’a comparé les nations aux mers? Il y faut seulement marquer une différence : les flots parfois sont